X.a anlt,— Une terrasse aa bord d'aa eheiuia
MONNA BELCOLORB, FRANK , asm dam un kiosque:
BELCOLORE. "*
Dors , ô pâle jeune àomme , épaf|(ne ta faiblesse. fosQ jusqu^à demain ton cœur sur ta maîtresse ;
La furœ Tabandoone, et le jour ^a venir. ^
Carlo, tes beaux yeux bleus sont las, — tu vas dorrnir.
FRANK
Non , le J0W ne viç^t pas , — non , je veille et je brûle 1 Belcolor, le feu dans mes veines drcale.' Mon«œur languit d^amour, et si le tenaps s'enfuit, Qpe mMmporte ce ciel , et son jour et sa nuit?
BELCOLORE.
Ah! Carlo , mon Carlo, ta tête chancelante ^î
Va tomber daili mes mains , sur ta coupe brûlante. Tu t'endors, tu te meurs , tu f enfuis loin de moi. Ah ! lâche efféminé , tu t'endors malgré toi.
FRAKK.
Oui , le jour va venir. — ma belle maîtresse, Je me meurs; — oui, j^suis sans force et sans jeunesse, Une ombre 4^ moi-même , un reste , un vain reflet, Et quelquefois la nuit ipon spectre m'apparaît. . Mon Dieu ! si jeune hier, aujourd'hui je succombe. C'est ^i qui m'as tué , — ton beau corps est ma tombe. Mes baisers -sur ta lèvre en ont us^ le seuil. De tes longs chevaux noir^tu m'as fait uu*linceul. Éloigne ces flambeaux, — entr'ouvre-ia fenêtre. *
Laisse entrer lé soleil, c'est mon dernier peut-être. Laisse-moi le chercher,^ laisse-moi dire adieu A ce beau ciel si pur qu'il a fait croire en Dieçi!
BELCOLORE.
Pour(|GJ|t me gardes-tu , si c'est moi qui te lue ^ Et si tu te crois mort pour deux nuits de plaisir?
FRANK
Tous les amants heureux ont parlé de mourir.
Toi , me tuer, mon Dieu ! Du jour où je t'ai vue,
Ma vie a comflnencé; le reste n'était rien ;
Et mon cœur n'a jamais battu que sur le tien.
Tu m'as fait riche, heureyx, tu m'as ouvert le monde.
Regarde , 6 mon amour, quelle superbe nuit!
Devant de tels témoins, quMmporte ce qu'en dit,
iSO . POÉSIES.
pQfirvu\|ue i*âme parle, el que Tâme réponde? Uangfî des nuits d'amour est un ange nuiet.
BELCOLORE.
Combien as-tu gagné ce soir au lansquenet?
' FKANK.
Qu^importe? Je ne sai^.' — Je n*ai plus de mémoire^» Voyons,— viens dans mes bras , — laisse-moi t'âdinirer, — Parle, — réveille-moi , — conte-moi tonliisfoire. — Qilrtle superbe nuit ! je suis prêi à pleurer. *
BELCOLORE.
Si (u veux t'éveiller, dis-moi plutôt la tienne.
FRANK
Nous sommes ti1)p heureux pour que je m'en'SOtttiennc.
Que dirais-je d'ailleurs ? Ce qui fait les récits ,
Ce sont des actions, des périls d^nt Tempire
Est vivace , et résiste à Theure des oublis. ^
Mais qioi qui n'ai rien vu , rien £^it, qu'ai-je à le dire?
L'histoire de ma vie est celle de 'mon cœur;
C'est un pays étrange où je fus voyageur. «^
Âh !^soutiens-moi le fron^ , la force m'abandonne !
Parle, parle, je veux t'entendfe jusqu'au bout.
AHons,. un beau baiser, et c'est moi qui le donne ;
Un baiser pour ta vie , el qu'on me disjs tout.
BELCOLORE , soupirant, Âh! je n'aipas toujours vécu comme l'on pense. Ma famille était noble, et puissante à Florence. On nousga ruinés; — ce n'est que le malheur ^, Qui m^a forcée à vivre aux dépens dej'honneur. Mon cœur n'était pas fait...
FRANK , 8S détournant.
Toujours la même histoire !
Voici peut-être ici la vingtième catin  qui je la deoiande, et toujours ce refrain ! Qui donc ont-elles vu d^assez s^t pour y croire? Mon Dieu ! dans quel bourbier me suis-je donc jeté? J'avais cru celle-ci plus forte en vérité I
l'N SPECTACLE DANS UN FAUTElîrL. 181
BELCOLOBE.
Quaad mon père mourut...
Assez, je l'ea siq^Ue.
Je me ferai coDler le Ttttt>p»r Julie Au premier carrerour nù jeia trouverai.
{•Tout deux Tttltnt tn lUenee q*ttqM lempt.\ Dis-moi , ce fameux jour que tu m'as rencontré , Pourquoi, par quel hasard, — par quelle sympathie, T'es-tu de m'emmener senli la fanlaisieT J'étais couvert de sang , poadreui , «t mal ^étu.
Je te l'ai déjA dit , tn t'étais bien battu.
Parlogs aÏDc^rement , — je t'ai semblé robaste. Tes yeux, ma chère enfant, n'ont pas deviné juste. Je comprends qu'une femme aime les portefaii; C'est un goût comme un autre , il est dans la nature. Hais moi, si j'étais femme, et si je les aimais, Je n'irais pas chercher mes gens a t'aventure, J'irais tout simplement les prendre aui rtbarétt ; J'en ferais lutter six , et puis je choisirais.
Encore un mot : cet homme à qui je t'ai volée, ' T'entreteqait sans doute, — il était ton amant?
BELCOLOBE.
— Celte affreuse mort ne t'a pas désolée?
Cet homme , il m'en souvient , râlait horriblement. L'teil gauche était crevé, — le pommeau de l'épée • Avait ouvert le front , — la gorge était coupée. Sous les pieds des chevaux l'bomme élait étendu. Comme se traîne
Pour se êne,
Aux resi înl3me
Ne t'a pas de dégoût levé le cœur et l'âme?
Tu n'as pas dit un mot, tu u'as pas fait un pas !
Prétende-tu me prouver que j'aie un c«eur de pierre 1