‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 50 sur 110 · LÉ PEUPLE · texte numérisé non relu

LÉ PEUPLE

Moine, n^interromps pas. — Cet homme est son ami.

LES SOLDATS

C'est vrai que le cher homme avait l'âme un peu fièro; S'il aimait ses voisins, il n'y paraissait guère, Un certain jour surtout qu'il brûla sa maison. Je n*eu ai jamais su , quant à moi ,4a raison.

•l'officier.

Si Charle eut des défauts , ne troublons pas sa cendre. Sont-ce de tels témoins quMl nous convient d'entendre? Soldats , Frank se sentait une autre mission. Qui jamais s'est montré plus vif dans l'action , Plus fort dans le conseil? — Qui jamais mieux que Charle Prouva son éloquence à l'heure où le bras parle? Vous le savez , soldats , j'ai combattu sous lui ; Je puis dire à mon toitr : Moi , j'en étais aussi. Une ardeur sans égale, un courage indomptable,

UN SPECTACLE DAMS UN FACTKIIIL. 135 lomme encer inpilleiir iju'il ii'iÉljiit redoutable , âmedehéros, — voilà ceque j'ai vu.

Vous vous Irotnpei, monsieur, voua l'avez mal cài Frank n'a jamais été qu'un coureur d'avenlure , Qu'un tov, risquantsa vie el celle dA soldats, Pour briguer des honneiire qu'il ne méritait pas. Né sans titres, sans bien , parti d'une mwure, Il faisait au combat ce qu'on fait aux brelans , Il jouait tout ou rien , . — la mort ou la fortune. Ces gens-là bravent tout, — l'espèce en est commui Ils inondenlles ports , l'armée et les couvents. Cro|M-vous quece Frank valût sa renoniméeî Qu'A respectât les lois? qu'il aimât l'empereur? Il a vécu huit jours, avant d'être à. l'armée, Avec la Bclcolor, comme un entremetteur.

Est-il ici quelqu'un qui dise le contraire?

H« foi , depuis la jour qu'il a quitté son père , C'est vrai que ledit Frank a fait plus d'un métier- Noos la connaissons bien , nous , Honna Belcolorr. Elle couchait chez lui ; — nous l'avons vue hier.

Laissez parler le moine! —

* li a fait pis encore :

Il a réduit son pérc il la mendicité.

Il avait besoin d'or pour cette courtisa Le peu qu'il possédait, c'cel lu qu'il T.

Soldats , que faites-vous 1 celui qui pi La i^dre d'uiï bon fih et d'un homm J'ai litérité la mort, si -ce crime esl le

DiR-nôus la vérité, mnioe, et parle sa hs crainte.

Mais si les Tyroliens qui sont dans cette ciu-eiiite

Trouvent que j'ai raison , s'ils sont préli au besoin A faire comme moi, [|ul prends Dieu pour lémoin?...

Ouï, oui I nous l'allc«lo.ns , Franlt est u

Le jour qu'il r«ruga.8a place ù votre table, Vous en sou veniez- vous?

Oui, oui, qu'il soit maudit!

FRANE. .

Le jour qu'il a brûlé la maison de son père?

Oui! Le moine sait tout.

Il a tué Strauio si

Slranio, ce palatin que Brsndcl a trouvé Au fond de la forêt, couché sur le pavé?

FIUIfK.

C'est luLqui l'a tué!

. -tSS SOLDATS.

Pour le piller, «ans doulcl Misérable assassin I meurtrier sans pitié ï

PRjlNK. ^

, — El son orgueil de fer , l'avez-vous oublié?

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