‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 62 sur 110 · TOUTES LES DEUX · texte numérisé non relu

TOUTES LES DEUX

A Fassassin ! au meurtre! un homme esl \h par (erre. * ( Elles SQ sauvent. )

mus y seul , couché.

Oui , mil , n'attendez pas que j'aille me lever; Si je disais un mot , ils viendraient m'achcver. {Flora entre dans l'obscurité; elle rencontre Irus ^ qu'elle

prend pour Silvio, )

FLORA

Étes-Yous là , seigneur Silvio?

iRtJs, à parr.

Laissons-la croirtf.

C'est moi ! je suis Silvio.

FLORA , reconnaissant Irus.

Vous avea donc reçu Quelque coup de rapière? Entrez dans celle Armoire. {Elle le pousse dans une fenêtre ouverte. )

NINETTE, rencontrant Silvio au fond du balcon. Entrez dans celte chambre , ou vous êtes perdu.

(Elle l'enferme dans sa chambre. ) SCÈNE IIL

Vu* ehambr*. — Ej« point dit Joar.

IRUS, sortant d'une armoire ; SlLVIO, d'un cabinet. ■

IRUS

Je u'eoteuds plus de bruit.

SILVIO

Je ne >ois plus personne.

IRUS. . -

Par la mort-Dieu , monsieur, que faites-vous icî?

SILVIO

C^esl une queslton qui in-apparlienl aussi.

IRUS

Ah ! tant que vous voudrez, mais la mienne csl ta bonne.

SILVIO

Je voMS la laiSse donc , en n^y répondant pas. v

imjs.

Eh bien ! moi , j'y réponds. — Si j'y suis, c'esl ma place. Ce iili3st pas par-dessui. le mur de la terrasse Que j'y suis arrivé, comme un larron d'honneur. J'y $uis venu , cordieu , comme un homme de cœur. Je ne in'en^che pas. ^

SILVIO

Vous sortez d'une armoire.

ÏBUS,

S'il faut vous le prouver pour vous y faire croire ,

Je suis votre homme, au moins, mon petit hobereau.

siLVio!

Je ne suis p^ le vôtre , et vous criez trop haut.

IRUS

Par le sang 1 par la mort! mon petit gentilhomme, Il faut donc vous apprendre à respecter les gens? Voilà votre façon de relever lé$ glhfits'!

SILVIO

Ëcoutez-moi, monsieur, votre scène m'assomme. Je ne sais ni* pourquoi , ni de quoi vous criez.

IRUS

C'est qu'il ne fait pas bon me marcher sur les pieds. Vive Dieu I savez- vous que je n'en crains pas quatre? Palsambleu, ventrebleu ! je vous avalerais. •

SILVIO. ■ Tenez , mon cher monsieur , allons plutôt nous battre. Si vous continuiez! je vous souffletterais.

IRDS.

MortrDieu J ne croyez pas au moins que je balance.

UN SPECTACLE DANS UN FAUTEUIL. • 24o

LAERTE , dans la coulisse, Ninelte ! bolà , Ninon !

IRITS.

C'est le père; — Silen«e !

Esqijivon»-nous, monsieur; nous nous retrouverons.

.^l rentre dans son armoire , et Silvi(^ dans le cabinet.*

^ LAERTE

Ninon! Ninon I

NINON, entrant.

Mon père, après Fhi^ire affreuse Qui s'est passée ici , j'attends tous vos pardoi^. Je n'aime plus Silvio. — Je vivrai malheureux , Ht mon intention est d'épouser Irus.

( Elle se jette à genoux. )

LAERTE

Je suis vraiment ravi que vous ne Taimiez plus. Quel roman lisiez-vous, Ninon , cette semaine?

NINETTE entre et se jette à genotiw de Vautre côté.

mon père! 6 mon maître! après Thorrible scène Dont cette nuit nos murs ont été les témoins, A'supporter mon sort je mettrai tous mes soins. Je hais mon séducteur, et je me bais moi-même. Si vous y consentez , Irus peut m'épouser.

LAERTE

Je n'ai , mes chers enfants , rien à vous refuser. ' Vous m'avez offensé. — Cependant je vous aime , Et je ne prétends pas m'opposer à vos vœux.

Enfermez- vous chez vous. — Gesoir, à la veillée , Vous trouverez en bas la famille assemblée.

Comme vous ne pouvez Tépouser toutes deux , Irus fera son choix. Tâchons donc d'être belles ; Il n'est point ici-bas de douleurs étornelles. Allez , retirez-vous. ■

( Il sort. Ninon et Ni nette le suivent. )

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