‹ Poésies complètes de Arsène HoussayeChapitre 33 sur 102 · CHEMIN DE LA VIE · texte numérisé non relu

CHEMIN DE LA VIE

La vie est le chemin de la mort ; ce chemiD N'est d'abord qu'un sentier fuyant par la prairif, Ou ta mère conduit son enfant par la main.

En priant la Vierge Sbrie.

Aux aborda du vallon, te sentier des enbnts

Passe dans un jardin. Rèveiir et solitaire,

L'adolescent effeuille et jetle à tous les vents

Les roses blanches du parterre.

Quand l'amoureux s'égare en ce bosipiet charmaiil. Il voit s'évanouir ses chimères lointaines, Et le démon du mal l'entraîne indolemment Au bord des impures fontaines.

Plus Iffln, c'est l'arbre noir — délourne-UM toujouiK, L'Arbre de h Scieace où IloUent les mensonges : Garde que ses rameani ne voilent les beaui jonrii, Et n'elTaToiichent (es beaui songes.

En quitUnl le jardin, h fleur et U chanson, La Jeunesse et l'Amour qui s'endorment sur l'herlm, Le voyageur aborde au champ de la moisson.

Où son bras étreint une gerbe.

De sa rude moisson il va se reposer Sur la blonde colline ou les raisins mûrissent ; Pour la coupe enivrante il rebvuve un baiser A ses lèvres qui se fiélnssent.

Plus loin, c'est le désert, le désert nébuleui.

Parsemé de cyprès et de bouquets funèbres ;

Enfin, c'est la montagne aux rochers anguleux.

D'où vont descendre les lôiébres.

Pour la gravir, passant. Dieu te laissera seul.

Un ami te restait, mais le voilii qui tombe ;

Adieu ! l'oubli de tous t'a couvert du linceul ,

Et tes enfants creusent ta tombe I

pauvre pèlerin ! U s'arrête en montant.

Et, se voyant si loin du sentier où sa mère L'endormait tous les soirs sur son sein palpitant. Il essuie une larme amère.

LES SRNTIEBS PERDUS.

V.l se voyant si loin des Jardins enchmlés, Dans un doux souTeoir son cœur se réfugie ; Et se Toyanl si loin des jeunes voluptrs.

Il rlianle une vieille éléj^ic.

En vain il tend les bras vers la belle saison, Il jate des sanglots au venl d'hiver qui bram> ; 11 a TU prés de lui le dernier horizon, Déjà Dieu rappelle son âmr.

Quand il s'est épuise dans le mauvais chemin. Quand ses pieds ont laissé du sang à chaque pier La mort passe i propos pour lui tendre la main EtpoTir lui clore la paupière.

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