LES MOISSONNEURS
Le bouvreuil leur disait sa joyeuse chaiisou, L'amour leur souriait dans le même horizon.
Ils allaient, secouant du pied thym et rosée ; Le soleil, s'échappanl de la nue irisée, népandaitsesTayons; la vache, au bord de l'eau, S'agenouillait dans l'herbe à l'ombre du bimleau, La brume s'êlcvaiL des vignes sablonneuses ; Dans le creui du vallon les jeunes moissonneuses S'éparpillaient déji ; le chariot du fermier Effeuillait en passant la branche du pommier ; Les bois chantaient en chccur; le ciel et la nature Souriaient arderonienl li toute créature.
LA POESIE DANS LES BOIS, On senlail passer Dieu, le mailre souverain.
Dans ce clair paysage n la Claude Lorrain.
HYACINTHE, SUZAHKE.
Enifiuds-lu résonner mafaulx à chaque gerbe?
Le beau blé ! pas d'ivraie et pas un seul brin d'herbe !
Le ciel el la nature onl béni les moissons.
Le verdier là-bas dans les buisso L'alouetic qui monte el se perd dans les nues, Un écho qni nous vient des chansons inconnues, Le doux roucoulement des bandes de pigeons.
Qui vont battre de l'aile au-dessus des ajoncs. — Ah ! mon Dieu !
Qu'as-tudanc?que vois-tu sous la baie?
. Peut-être une couleuvre ? Ah ! que cela m'elTraie I Pourquoi te vois-je ainsi, pâle, triste, muet?
ir d'amour, vois plutôt ce bluet, Le seul qui reste encor ! — Quand je t'ai
Ah ! je m'en souviens irop! la couronne est l'ancc Mais je la vois toujours plus fraiche que jamais. Quand tu m'as couronnée, Hyacinthe, tu m'aimais! Je me croyais alors h reine du village.
Était-ce de l'amour ou de l'enfantillage ?
SVIkVtt.
Si c'était de l'amoar? — Rentrée à la maison. J'accrochai ta couronne i la vieille cloison, Au-dessus de mon lit. Pour moi, c'est un rosaire Que je baise et consulte en mes jours de misère. — Sais-tu ce que je fais quand je doute de loi ?
Tu vas rire et te moquer de moi :
Je reprends ta couronne et la mets sur ma tète. Et soudain je retourne à ce beau jour de Céte I Tout mon chagrin s'en va, tout mon bonheur rcvicul, Ce malin encor... vois, mon cœur qui s'en souvient!
lEIlc prend la luaio d'Upclnlbe el l'aUire snr »>n coeur.) Ton nom est gravé là bien mieux que sur l'écorce.
Qu'as-ln fait ? pour faucher, mon bras n'a plus de force.
UAKS LÉS BOIS.
A l'œuvre! i l'œuvre, llyncJnthe! et qu'au soleil couchant Ta Tauh ail moissonne tous les épia du champ.
Je ne faucherai pas ce bluel, qui réveille
Un si douï souvenir ! c'est comme une merveille ;
Je dépose ma fauli, je vais te le cueillir.
nien qu'à voir un bhiet je me sens tressaillir. Si Ion amour n'était qu'un amour de passage ?
NVACininE. regardant.
OÙ vais-je le planter? au sillon du corsage?
SUZANHI, rougissanl.
riutât dans mes cheveux.
iiï Ar.i:iTnE, plttaaiLcIiliicl-
Quel beau coït nonchalant !
Qui peut le garantir d'un soleil si brûlant ?
Fmisset donc 1 voilà ma bucille par lerre.
Suzanne, ton amour est un feu qui m'altère.
Un baiser sur t(i joue ou de l'eau dans ta main !
[>a fontaine est là-bas, à deui pas du chemin.