LA POESIE
Allons-y; l'ombre esl douce au cœur, dit le proverbe.
Le proverbe esl bien Tou I moi je reste i ma gerbe ; Tfe perdons pas de temps, par ud si beau soleil ! D'ailleurs sur notre amour nous doDnerions l'évei).
UïAclliTHl, l'enlratnanl.
Pourquoi me refuser celte main pour y boire?
Si l'on nous rencontrait, on ferait une histoire.
J'aime ce clair ruisseau qui murmure tout bas. Vois-tu les gais bouvreuils y prendre leurs éb.nts? L'hirondelle en criant y vient baiguer ses ailes, La mésange y poursuit les vertea demoiselles ; IJuet baume printanier la verveine y répand !
Comme il va de travers ! on dirait un serpent.
(Ellepaisfilel'ciu, HyacinlbC luil.)
Ou n'a pas vu souvent pareille fantaisie.
L'eau, dans ta douce main, se change en ambroisie.
Qu'est-ce que l'ambroisie?
D«-,..r)l>,.GOOglC
DANS LES BOlJ.
Une liqueur du ciel.
Meilleure que le vin, que le luit el le miel.
Qui t'a donc dit cela ?
HÏUCINTUE.
Je ne sois. Un vieux livre.
Hais je ne boira i.ftluti; voilà que je m'eiiHu Gomme si j'avais pris a la bouche un baiser.
Que je boirais longtemps sans pouvoir apaiser Ma soif toujours ardenle, ô ma cliére mâilressc ! Cette soir est au cœur. Ah ! verse moi l'ivresse !
Dans l'agresle roman je n'irai pas plus loin. Sur le bord du ruisseau verdoyait le sainfoin. Le vieux Pau soupirait dans les roseaux fraj;iles ; Aux portes du hameau, les glaneuses agiles Criaient; sur le coteau répondait le berger ; L'écoliére aux yeux bleus mouillait son pied léger Dans le sentier du bois, où la Traise était mure, Où le merle sitllait, perché sur h ramure, Sajtammc Traiche; enfin, partout joie el chanson ! — HaisSuumne? — Suzanne était A la moisson... Moisson du cœur, moisson d'amour, gerbe ravie Au rivage divin pour embaumer la vie !