CANTIQUE DES CANTIQUES
D'autres moins amoureui vont, poursDÎvant leur Èvi Sons les rameaux touffus des paradis chantes; Aux arbres tout on Heurs ils suspendent leur rôve, Et s'égarent aux bois par les biches hantés.
Ou sur le flot chaoteur qui vient baiser h grève ; Hoi, j'aime mieux l'enfer aux sombres voluptés.
Ce que ja chaote ici D'est pas pour vous, madame. Qui n'avez point aimé, — pas mémo votre amant !
Qui n'avez point voulu des orages de l'âme,
t}m n'avM [loinl compté les Heurs du firmnmeiH.
Et qui n'entendez pas, quand le vent d'hiver brame.
Les finlôiiies d'amour qui chantent trislemenl.
Koii, je ne chante pas pour les frêles poupées
Que n'ont point fait pAlir les sombres passions.
Craignant comme le feu les belles équipées,
Les pleurs de U folie et ses tentations,
Et qui ne savent pas, — trompeuses ou trompées, —
Que l'amour c'est Daniel dans la fosse aux lions.
On a Dieu dans le coeur, madame, quand on aime; Les pieds sont sur la terre et le front dans les cieui Qu'importe qui l'on est, on porte un diadème, Kt qu'importe où l'on soit, on voit briller deui yeui. Deux yeux qui sont pour nous la lumière suprême, Quel que soit leur éclat— fiers ou doui, noirs ou bleus.
Mon cœur, mon pauvre cœur, plus fier après l'orage Où le poète lit les hymnes de l'amant,
SS DES CANTIQUES
Arche saime qui passe a travers le nautrage El qui garde toujours te divin sentiment; HoD pauvre cœur, reprends ton subiiroe courage El me chantes la joie et ton déchiremeal '.
D,™),Prib,GOOglC
amircM sous Icpamlire aiDoureni. l£ bcao temps! on ne sait pas oA l'on va, car le sentier est si iodCTo '. Si on ne vojait le bleo des nues an travers des branches neigcflses.on croirait marcbcr dans le Paradis, avec ees ileni ltii«s du ciel qui vans conduisent par la main : la Hase qoi aime M la Hase qni cbanle. Les sentiers perilns. c'eei le Paradli retrouva.
CÉCILE
LES DEDX HIVES.
J'allais pour cneillir l'ambroisie Sous un gai rayon de priulemps, J'avais au front mes dii-huit ans Et daos mon cœur h poésie.
Perdu dans quelque songe aimé, Ecoutant mon cœur en silence.
Je EU irais avec nonchalance Le clair ruisseau tout embaumé.
Quand j'entendis un gai ramage Qui m'annonçait un doux tableau ;
SoudaJD, dans le miroir de l'eau, Je vis apparaitre une imaj^e.
C'était la reine de mon cœur!
Cécile, la belle in^nue, Sur l'autre rive était venue Avec un sourire moqueur.
« Pourquoi venir par là, coquette ?
Je vais m'embarquer sur ce Ilot Avec l'amour pour matelot, Je su'is bien sûr de ta conquête, n
Mais elle, me tendant la main :
« Ah ! ne viens pas sur celte rive. « Mais moi je m'embarque et j'arrive Bisant : « Tu passeras demain. »
Elle s'enfuit vers la ramée, Eiïaroucliant dans les sillons Les cigales et les grillons ' Du pan de sa jupe embrumée.
Mais elle n'alla pas bien loiu ; Je la suivis vers sa retraite.
Lui cueillant d'une main distraite Des Qeurs de trèfle et de sainfoin.
CÉCILE
Je In surpris. Théocriie, Vcrl poète, rustique amant, Sur sa lèvre as-tu vu comment Ma première œuvre fui écrite?