‹ Poésies complètes de Arsène HoussayeChapitre 62 sur 102 · ADIEU AUX BOIS · texte numérisé non relu

ADIEU AUX BOIS

Bain où je voudrais vivre, il Ciut vous dire adiei

Depuis l'aube égayant les moissous ondoyantes, Jusqu'au soleil pSIi des vendanges bruyantes. J'ai voulu contempler \e, grand œuvre de Dieu.

Au bois j'ai vu passer, avec ma rêverie, L'aniique chasseresse el la blanche Egériu; J'ai vu [aucher le trèDe A l'ombre du niouliQ;

J'ai vu dans les froments la moissonneuse agile, Telle que la chantaient Théocrite et Virgile, Presser la gerbe d'or sur son corset de lin;

J'ai vu, quand les eufanis se barbouillaient de mitres La vendangeuse aller aui grappes les plus mûres, Et ri'tpondre aux amants par un rire empourpré;

LA rOKiSIE I)ANà les BOIS. I«3

Le vit) coule su pressoir, le vigoeroo esl ivre , Le regaÎD est fauché ; j'ai vu le premier givre Frtpper le bois ; la neij^e eusevelil le pré;

Je pars, je vais revoir ramitié qui m'oublie, Ton peintre et Ion poêle, ô charmante Ophélic, Beau rêve de Shakspeare eu ces deui cœurs tombé;

Sainte-Beuve qui pleure un autre Sainte-Beuve, Hugo, Dumas, Vigny, Musset, urnes du fleuve Qui verse l'iinibroisie aus rêveurs, comme Ilébé.

(Jérnr.l le voyageur m'écrira du Méandre, Valbreuse me dira : Trente ans! adieu, Léandrc; Le poète d'Aricl me parlera du Rhin.

Uuulier, d'uD fourreau d'or tirant uu paradoie, Viendra te battre eu brèche, ô souise orthodoxe! De Fliiline et Mignon je rouvrirai l'ccrin.

Esquiros, Thoré, Sue, armés de l'Evaugilc, Bâtiront sous mes yeui leur église fragile Avec Saint-Just pour saint et pour Dieu Jésus-Christ.

Lafayette, amoureui de poésie ardente.

M'allumera l'enfer de son aïeul le Dante ; Janin. Karr et Gozlan diront : Qi-gît l'esprit !

164 LA POËSIE DANS LES BOIS. Ltimartine au banquet de PlalOD me convie ; Sand. Balzac et Saodeau me conlerout la vie ; Grisi me versera le» perles de sa voix.

Point d'hiver à Paris! car, s'il (ileul ou s'il neige,

J'irai voir le soleil au Louvre dans Corrcge,

Ou dans votre atelier, Diaz, Decamps, Delacroix !

Oui, je retourne à toi, poétique Bohème, Où dans le noncbaloir on [ail un beau poème Avec un peu d'amour tombé du sein de Dieu.

Bcùs où je voudrais vivre, il faut vous dire adieu!

POEMES ANTIQUES

FRESQUES ET EiS-liELIEFS.

Et, apris avoir pris la poésie pour son cœor, qgi «at le vrai litre dD poÈie, il s'esl rWugié dans l'iri connue diBS on temple aastère. Après acoir tendu les bras ters l'avenir, il les a ouverts sur le passé. Il a feuilleté mille Tels le ll«rc d'or des Grecs et des Italiens écrit sous AspasieelsousHIcbel-Ange.II n'a aimé ni les Romains du siècle d'Auguste, ni ccai du siècle de Louis XIV, tl a le mal dn pa;s, car son pays c'est nn autre umps. Il va, il va — 11 (aul toujours aller 1 — cherchant son pays ou son Idéal dans les fresques et les lias-relie(s de l'Aotiiitillé et de la llenaissancé.

SAPHO

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