‹ Poésies complètes de Arsène HoussayeChapitre 73 sur 102 · ACTE H. lî · texte numérisé non relu

ACTE H. lî

Tous les dieux passeront ; mm la Glle de l'onde Enchainera toujours, daits ses bras dus, le monde. Il s'éLoigae,

Qu'at-je vu? c'est Sapho, Sapho que nous fuyons ! Je D'en crois pas mes yeux; c'est étrange, voyons : Si Phaon le savait! Entrainons-le IoId d'elle.

11 sï'loiBnc'.

SGËJVE V.

SAPnO, ERHOÉ.

Que nul ne soit témoin de ma donleur morlclli-! EnQn tout va flnJr : — voilà le rocher nu D'où je m'élancerai dans le monde inconnu.

Uétasi et le cruel rira de ta folie,

El du dernier adieu de ta bouche pâlie.

Crois-lu donc qu'après lui j'irais eucor ci Non ; c'est trop de douleur, el j'aime mi< Déjà j'ai Iraverse les enfers ; puis-je viïr

192 SAPIIO.

Quand l'amour a pour moi fermé son divin livre ? Quand mon cœur, tout Miignanl des Colles passions, N'est plus bon [|u'à Jeter en pAlure mi lions? Vitre quand mou espril, cher au sacré rivage, S'esl à jamais perdu dans ce rude esclavi^e 1 Quand ma bouche si Traiche esl Oétrie a jamais Sous les pleurs dévorants ; quand tout ce que j'aimai: Tout ce que j'aime eocor m'oublie et me torture I Mourons et cachons-lui le sang de ma blessure. Ma mort lui redira les jours évanouis Où l'amour transportait nos cŒurs %inouîs, Cette aube lumineuse où chantait la Chimère Sur la barpe d'argent avec l'âme d'Homère ; Ou les Heures, jetant des fleurs i pleine main. Dansaient autour de nous, dansaient sur le chemin 1 Et CCS nuits ou Phœbé, voyant ma gorge nue, Voilait ses chastes yeux dans l'ombre de la nue.

Où les étoiles d'or descendaient doucement Pour couronner vos fronts de leur rayonnement.

Où les Olympiens, Jalonï de nos délires, Jetaient avec fureur leurs coupes et leurs lyres ; Où Vénus elle-même ouvrait violemment Ses bras tout enflammés pour saisir mon amant.

' Un silencf, Cril-oii s'approclif. Erlioé s'clnignc Et nul ne dira donc n mon .'tme asservie Le secret de la mort, le secret de la vie ?

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