‹ Poésies complètes de Arsène HoussayeChapitre 9 sur 102 · LE VIOLON BRISÉ · texte numérisé non relu

LE VIOLON BRISÉ

Vois-tu lâ-bas sur la moQtagnt: verte Le vieux moulin qui (oume si gaiement?

Ami, l'amour, comme un rêve charmaiit, 11 le berçait dans mon tme entr'ouverte.

Au vieux moulin j'avais ud violon.

Écho plaintif des chants de ma maîtresse, Lyre d'amour vibrante d'allégresse ; Mais mon bonheur, hélas I ne fut pas long.

Elle mourut ! que de larmes améres !

Elle mourut au soleil du matin.

En respirant la rosée et le thym .

Son Sme au ciel emporta nos chimères.

Le lendemain, ses compagnes en deuil Portaient son corps de neige au cimetière; Hoi, j'étais seul, sans larme et sans prière, Dans le moulin comme au fond d'un cercueil.

Je te ïaisU, violon triste et tendre.

Et le doux air que Cécile aimait tant.

Je le jouai, le cœur tout pslpitanl :

Son iras sainte a passé pour l'entendre.

Je le jouai ; mais, au dernier accent,

Mon cœur l>ondit conune un daim qui se blesse ;

Je me perdis si loin dans ma tristesse,

Que je brisai mon violon gémissant.

Depuis ce jour, ma sœur la Poésie

A ranimé mon cœur à demi mort;

Ha lèvre ardente à bien des grappes mord

Sans retrouver la première ambroisie.

J'ai délaissé le moulin, mou berceau, Le douï pays où m'allaita ma mère; Je suis allé me perdre en l'onde amèrc.

Sans retrouver la source du ruisseau .

Perle d'amour, à ce monde ravie, Au fond des mers je t'ai cherchée en vi Et je n'ai plus de mon bonheur divin Qu'un souvenir : c'est la fleur de ma vi

Quand je retourne au moulin délaissé, Ce n'est que joie et peine renaissantes.

Ah ! (|uand j'entends ses ailes TréniissADtes, Mon pauvre cœur est im violon brisé!

Page 1