‹ Poésies complètes de Charles d'Orléans, revues sur les manuscrits avec préface, notes et glossaireChapitre 142 sur 272 · RONDEAU LXXIII · texte numérisé non relu

RONDEAU LXXIII

Le trouveray je jamais Ung loyal cueur joinct au mien.

A qui je soye tout sien, Sans départir désormais?

D'en deviser par souhais, Souvent m'y esbas ; et bien, Le trouveray je jamais Ung loyal cueur joinct au mien?

Autant vault se je m'en tais.

Car certainement je tien Qu'il ne s'en fera jà rien; En toute chose a ung mais.

Le trouveray je jamais?

Gens qui cuident estre si saiges Qu'ilz pensent plusieurs abestir, Si bien ne se sauront couvrir Qu'on n'aperçoive leurs courages.

Payer leur fauldra les usages De leurs becz jaunes, sans faillir.

Gens qui cuident estre si saiges Qu'ilz pensent plusieurs abestir.

On scet par anciens ouvrages, De quel mestier scevent servir ; Melusine n'en peut mentir, Elle les cognoist aux visaiges, Gens qui cuident estre si saiges.

Il me pleust bien, (Se tour il a) Quant me monstra Que estoit tout mien.

Par son maintien Tost me gaigna.

11 me pleust bien, Se tour il a.

Sans dire rien, Mon cueur pensa, Et ordonna Qu'il seroit sien:

Il me pleust bien.

En mon cueur ehéoit, Et là devinoye, Comme je pensoyc, Qu'ainsi m'av&ndroit.

Fol, tant qu'il re:oit.

Ne croit rien qu'il voye.

En mon cueur chcoit, Et là devinoye

Sotye seroit Se plus y musoye; Ma teste romperoye ; Soit ou tort ou droit, En mon cueur ehéoit.

122 CHARLES d'oRLÉANS.

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