RONDEAU CCLVII
Réponse du duc d'Orléans.
Beau Père ! benedicite, Je vous requier confession, Et, en humble contnction, Mon pechié sera recité.
En moy n'a eu mercy, ne grâce.
Prenant de ma beaulté orgueil ; Amours me pardoint ! ainsi face; Désormais repentir m'en vueil.
Refïus a mon cueur délité ; J'en feray satisfacion, Donnez m'en absolucion Et penance, par charité, Beau Père ! benedicite.
Par Blosseville.
Ma tresbelle, plaisante seiir, Confiteor du bon du cueur Dittes, par grant devocion, Sans plus avoir intencion De maintenir vostre folleur.
Car tost après, de ma puissance Vous absouldray, en espérance Que doulce sere^ envers tous.
Et vous enjoings, par penitance.
De donner demain allegance A cellui qui se meurt par vous ;
CHARLES d'ori.éans. i(. i6
242 ■ CHARLES d'oRLÉANS.
Lequel, par vostre gram rigueur, Seuffre, comme j'entens, doïeur, Et sans cause pugnicUm ; Dont jà n'aure^ remission.
Tant qu'il en soit hors, j'en suis seur, Ma tresbelle^ plaisante seur.
Par le duc de Bourbon.
Je sens le mal qu'il me convient porter Non advenu, mais je crains qu'il aviengne. Et qu'en la fin maleureux je deviengne. Sans m asservir ailleurs, ne transporter.
S'ainsi advient qu'à cort on m'abandonne, Qiie Dieu ne vueille ! que fer ay je sans per' Las! je ne sça^^! si ce mal on me donne. Des malheureux je seray le non per.
Pour le meilleur, il me fault déporter Jusques à tant que ce maleur me viengne ; Mais à ma Dame hardiement en souviengne , Car, pour tousjours sa rigueur supporter, Je sens le mal qu'il me convient porter.