‹ Poésies completes de Émile de GirardinChapitre 13 sur 82 · DA>JS LA PESTE DE BARCELONNE · texte numérisé non relu

DA>JS LA PESTE DE BARCELONNE

Bienheureux Séiapliins, vous, habitants des cieux . Suspendez un moment vos chants délicieux ; Baissez vos yeux divins sur la terre d'alarmes , Que l'attendrissement les remplisse de larmes. Contemplez ces mortels, ils sont dignes de vous ; De leur beau dévoùment , Martyrs , soyez jaloux I Et toi , Reine du Ciel , vierge mystérieuse , Prépare pour tes sœurs la palme glorieuse, Et les robes d'azur, et le bandeau de feu Qui ceint le chaste front des épouses de Dieu !

Mais, pour les célébrer, dis-moi, m'as-tu choisie? Vierge, m'enverras-tu l'Ange de poésie?

Viendra-t-il de son souffle inspirer mon sommeil, Et me dictera-t-il des vers à mon réveil?

Non , i>our un tel sujet je suis trop jeune encore ;

Il faut, pour vous clianter, une voix plus sonore,

Ilippocrates français ' ! ô mortels généreux !

Plus grands que les martyrs, vous êtes moins heureux :

Aux yeux de l'univers , ils marchaient au supplice ,

De leur sublime effort la gloire était complice ;

Mais vous, sous l'humble toit prodiguant vos secours,

Sans faste à l'indigent vous immolez vos jours.

Quel exemple frappant dans le siècle où nous sommes!

Ils mouraient pour un Dieu, vous mourez pour des hommes;

VA vous n'avez pour prix d'un si beau dévoûment

Que nos éloges vains, nos regrets d'un moment.

A l'implacable mort arrachant sa victime,

l^acifiques héros, vous triomphez sans criuu^

Ces modestes vertus, qui vous ouvrent les Cieu\ ,

Des femmes sont aussi les trésors précieux :

Nous avons avec vous des destins sympathiques :

On dit - que nous savons des paroles magiques

Qui, telles que vos soins, endorment les douleurs.

Pounpioi la douce voix qui sait tarir les pleurs

Ne peut-elle entonner les hymnes à la gloire?

De vos nobles vertus je redirais l'histoire;

Mais j'en laisse l'honneur h ces talents divers,

(. MM. \iiil()uar(I, Kally, l-iaiH'Ois, Jouariy, Mazel cl rariset. i. iM. (le Cliûleaubriaiid, dénie ilu Cliristianisnif

Li:.S SŒIRS Di: SAINTIi-CAMILLE.

Qui, parant leurs récits du charme des beaux vers, Des sept frères martyrs * nous ont peint la torture, lit du grand Régulus - la sublime imposture. C'est aux chantres promis à la postérité A vanter ce héros mort pour l'humanité , te vertueux Mazet, de qui l'ombre chérie Verra long-temps pleurer sa mère et sa patrie : Qu'ils disent son courage, au malheur enlevé; Pour de plus humbles faits mon luth est réservé : Les soins compatissants, le zèle inimitable, La tendre piété d'une âme charitable.

Je vais les célébrer, ou plutôt les trahii , Car louer la vertu, c'est lui désobéir.

Au récit du désastre, à leur devoir propice, Deux femmes en priant ont quitté leur hospice : D'un ordre révéré ce sont de pauvres sœurs , Qui , de la charité pratiquant les douceurs , Renoncent à vingt ans au bonheur d'être aimées , Et du nom le plus doux ne sont jamais nommées. Telles que ces guerriers , d'un cilice couverts , Qui , pour voir un tombeau , traversaient les déserts , Le monstre au soufde impur ne saurait les abattre; Armés du crucifix, leurs bras vont le combattre; Et, soit que le soleil embrase un ciel d'azur, Soit que sur les chemins s'étende un voile obscur, Rien n'arrête leurs pas -. gravissant les montagnes, Traversant les forêts, les fleuves, les cnnipagnes,

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