DA>JS LA PESTE DE BARCELONNE
Bienheureux Séiapliins, vous, habitants des cieux . Suspendez un moment vos chants délicieux ; Baissez vos yeux divins sur la terre d'alarmes , Que l'attendrissement les remplisse de larmes. Contemplez ces mortels, ils sont dignes de vous ; De leur beau dévoùment , Martyrs , soyez jaloux I Et toi , Reine du Ciel , vierge mystérieuse , Prépare pour tes sœurs la palme glorieuse, Et les robes d'azur, et le bandeau de feu Qui ceint le chaste front des épouses de Dieu !
Mais, pour les célébrer, dis-moi, m'as-tu choisie? Vierge, m'enverras-tu l'Ange de poésie?
Viendra-t-il de son souffle inspirer mon sommeil, Et me dictera-t-il des vers à mon réveil?
Non , i>our un tel sujet je suis trop jeune encore ;
Il faut, pour vous clianter, une voix plus sonore,
Ilippocrates français ' ! ô mortels généreux !
Plus grands que les martyrs, vous êtes moins heureux :
Aux yeux de l'univers , ils marchaient au supplice ,
De leur sublime effort la gloire était complice ;
Mais vous, sous l'humble toit prodiguant vos secours,
Sans faste à l'indigent vous immolez vos jours.
Quel exemple frappant dans le siècle où nous sommes!
Ils mouraient pour un Dieu, vous mourez pour des hommes;
VA vous n'avez pour prix d'un si beau dévoûment
Que nos éloges vains, nos regrets d'un moment.
A l'implacable mort arrachant sa victime,
l^acifiques héros, vous triomphez sans criuu^
Ces modestes vertus, qui vous ouvrent les Cieu\ ,
Des femmes sont aussi les trésors précieux :
Nous avons avec vous des destins sympathiques :
On dit - que nous savons des paroles magiques
Qui, telles que vos soins, endorment les douleurs.
Pounpioi la douce voix qui sait tarir les pleurs
Ne peut-elle entonner les hymnes à la gloire?
De vos nobles vertus je redirais l'histoire;
Mais j'en laisse l'honneur h ces talents divers,
(. MM. \iiil()uar(I, Kally, l-iaiH'Ois, Jouariy, Mazel cl rariset. i. iM. (le Cliûleaubriaiid, dénie ilu Cliristianisnif
Li:.S SŒIRS Di: SAINTIi-CAMILLE.
Qui, parant leurs récits du charme des beaux vers, Des sept frères martyrs * nous ont peint la torture, lit du grand Régulus - la sublime imposture. C'est aux chantres promis à la postérité A vanter ce héros mort pour l'humanité , te vertueux Mazet, de qui l'ombre chérie Verra long-temps pleurer sa mère et sa patrie : Qu'ils disent son courage, au malheur enlevé; Pour de plus humbles faits mon luth est réservé : Les soins compatissants, le zèle inimitable, La tendre piété d'une âme charitable.
Je vais les célébrer, ou plutôt les trahii , Car louer la vertu, c'est lui désobéir.
Au récit du désastre, à leur devoir propice, Deux femmes en priant ont quitté leur hospice : D'un ordre révéré ce sont de pauvres sœurs , Qui , de la charité pratiquant les douceurs , Renoncent à vingt ans au bonheur d'être aimées , Et du nom le plus doux ne sont jamais nommées. Telles que ces guerriers , d'un cilice couverts , Qui , pour voir un tombeau , traversaient les déserts , Le monstre au soufde impur ne saurait les abattre; Armés du crucifix, leurs bras vont le combattre; Et, soit que le soleil embrase un ciel d'azur, Soit que sur les chemins s'étende un voile obscur, Rien n'arrête leurs pas -. gravissant les montagnes, Traversant les forêts, les fleuves, les cnnipagnes,