Rèi;tilus, par M. l.uncii Ai-m.hkI
Au-devant du lléau toutes deux ont marché ; Comme on fuit le péril , ces femmes l'ont cherché.
Mais Dieu , qui présidait à leur pieux voyage ,
Veut une fois encore éprouver leur courage :
Réveillant dans leur cœur un souvenir trop cliei- ,
11 dirige leurs pas vers les rives du Cher ' :
La plus jeune des deux y reçut la naissaijce.
Des vallons paternels ô divine puissance!
Voilà que tout à coup , à l'aspect de ces lieux ,
Des pleurs en abondance ont coulé de ses yeux :
C'est que, dans la prairie, à travers le feuillage,
La sœur a reconnu le clocher du village,
De ce village aimé, qui vit ses premiers jeux.
Qui contemple aujourd'hui ses efforts courageux.
Elle s'est arrêtée au bas de la montagne :
Alors, par un regard, sa sévère compagne
Interroge ses pleurs, et craint de deviner
Le sentiment secret qui la vient dominer.
Mais l'autre dit : « Vois-tu cet arbre solitaire,
» Dont les rameaux fleuris , s'inclinant vers la terre ,
i> Ombragent le sentier qui se perd dans les bois?
» C'est là, ma sœur, c'est là pour la dernière fois
>> Que j'embrassai mon père; il partait pour l'armée
» 11 quittait à jamais sa fille bien-aimée,
» Et son cœur, déchiré par ce cruel adieu ,
» Confia ma jeunesse à la bonté de Dieu.
>' Je restai seule et triste. Hélas ! depuis cette heure