‹ Poésies completes de Émile de GirardinChapitre 14 sur 82 · Rèi;tilus, par M. l.uncii Ai-m.hkI · texte numérisé non relu

Rèi;tilus, par M. l.uncii Ai-m.hkI

Au-devant du lléau toutes deux ont marché ; Comme on fuit le péril , ces femmes l'ont cherché.

Mais Dieu , qui présidait à leur pieux voyage ,

Veut une fois encore éprouver leur courage :

Réveillant dans leur cœur un souvenir trop cliei- ,

11 dirige leurs pas vers les rives du Cher ' :

La plus jeune des deux y reçut la naissaijce.

Des vallons paternels ô divine puissance!

Voilà que tout à coup , à l'aspect de ces lieux ,

Des pleurs en abondance ont coulé de ses yeux :

C'est que, dans la prairie, à travers le feuillage,

La sœur a reconnu le clocher du village,

De ce village aimé, qui vit ses premiers jeux.

Qui contemple aujourd'hui ses efforts courageux.

Elle s'est arrêtée au bas de la montagne :

Alors, par un regard, sa sévère compagne

Interroge ses pleurs, et craint de deviner

Le sentiment secret qui la vient dominer.

Mais l'autre dit : « Vois-tu cet arbre solitaire,

» Dont les rameaux fleuris , s'inclinant vers la terre ,

i> Ombragent le sentier qui se perd dans les bois?

» C'est là, ma sœur, c'est là pour la dernière fois

>> Que j'embrassai mon père; il partait pour l'armée

» 11 quittait à jamais sa fille bien-aimée,

» Et son cœur, déchiré par ce cruel adieu ,

» Confia ma jeunesse à la bonté de Dieu.

>' Je restai seule et triste. Hélas ! depuis cette heure

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