‹ Poésies completes de Émile de GirardinChapitre 28 sur 82 · LE BAL DES PAUVRES · texte numérisé non relu

LE BAL DES PAUVRES

Gloire uux coeurs géuéieiix inspirés |iar raiiaiôiu; , Qui , nous associant aux largesses du trône , Kt volant au secours du malheur' abattu , Ont montré des Français la plus belle vertu ! Lons-temps de cette fête on redira l'histoire; Le riche et l'indigent béniront sa mémoire. Quel luxe! quel éclat! — Ce soleil de cristal, Ces diamants, ces fleurs, ces feuillages de lierre. Ces panaches légers flottant sous la lumière, Semblaient réaliser un songe oriental.

Tous les cœurs s'enivraient de la même harmonie- Tous iiartageaieut l'éclat d'une bonne action.

Ali ' de l'éternelle union

Était-ce la cérémonie?

Mon cœur ému sentit, à ce biilhmt aspect,

D'un orgueil tout français les noiiies jouissances;

J'admirai dans ma joie, avec un saint respect,

Cette fraternité de toutes les puissances;

La noblesse des rangs, la noblesse des arts,

Les soutiens novateurs d'une riche industrie.

Mêlés à ces guerriers, honneur de la patrie,

Dont l'Europe soumise a vu les étendards ;

Et cette autre puissance habile, enchanteresse,

Ces femmes dont la grâce est une autorité,

Qui venaient d'employer leurs charmes, leur adresse

A demander la charité; Ce prince, rayonnant de bonheur, d'espérance. Qui n'a jamais souffert, et qui plaint la souffrance!

De nos plaisirs combien il triomphait ! Son nom retentissait dans la foule ravie :

A peine il entre dans la vie,

Son premier pas est un bienfait.

Observant de chacun la bienveillance active, Je prêtais aux discours une oreille attentive; J'aimais des étrangers les éloges flatteurs -. « Paris, se disaient-ils, est une ville heureuse " De pouvoir, eu un jour, être si généreuse, » Et compter tant de bienfaiteurs. "

Et moi, fière de voir tout ce peuple de frères, Ces intérêts ri\aux et ces partis contraires.

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Que l'exemple royal avait su rasseinblei , Je (lisais : » C'est en vain qu'on cherche à nous tronhler, ' Ce cliaritaltle jour est plus qu'un jour de (été, " C'est un présage heureux, un destin qui s'apprête. » Au non) du bien de tous, nos débats vont (inii : » Ces partis opposés, qu'un même honneyr enflanune, Bientôt, comme aujourd'hui, viendront se réunir, " Kt je sens , à l'espoir dont s'inspire mon âme , Qu'en chantant ce beau jour je i)arle d'avenir.

IMiis, 18 fëviier ISiiO.

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