DELIVRES PAR LE ROI DE FRANCE
Non loin de ce désert qui jadis fut Caithage , Des clirétiens languissaient dans la captivité; Dignes du nom romain , leur plus bel héritage ,
Ils préféraient la misère et l'outiage A la honteuse liberté
Dont le parjure est le prix détesté.
Sans crainte, dans leur cœur la foi s'est maintenue; Du glaive musulman ils attendaient la mort. Mais le Dieu des martyrs eut pitié de leur sort ; Au rivage français leur plainte est parvenue; Par un roi bienfaisant ils seront délivrés. Les malheurs qu'il connaît sont déjà ré|iarés.
^00 POKSIES.
Bientôt son |)avillon sur les mers se déploie ,
Kt par lui les captifs sont rendus à la joie.
Mais ce n'est i)oint assez d'avoii- brisé leurs l'ers;
Il faut encore aux yeux qui pleuraient leur absence Cacher les maux qu'ils ont soufferts.
Tout Français veut sa part dans leur reconiiaissance;
Rome ne verra point ses nobles prisonniers
Revêtus des lambeaux d'un cruel esclavage ;
C'est parés des bienfaits de nos braves guerriers Qu'ils salùront leur antique rivage.
Ils viennent, et des cliants annoncent leur retour.
O vous, dont la patrie est le premier amour,
Français, dont les beaux noms sont imis à sa gloire, Vous qui la dotez chaque jour U'un chet-d'(Kuvre ou d'une victoîie ,
Pour elle recueillez ces hommages lointains ,
Pour elle allez prier sous la sainte coupole , Et soyez fiers d'entendre les Romains
Crier : Vive la France! au [lied du (.'apitoie!
Iliiriie, 12 dcceiiiljre ISJli.
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