‹ Poésies completes de Émile de GirardinChapitre 39 sur 82 · LA TOUR IHI PRODIGE · texte numérisé non relu

LA TOUR IHI PRODIGE

Pour calmer bien des maux je sens qu'on m'a choisie : Viens m'aider; sois pour moi l'ange de poésie Qui donne le secret de charmer les douleurs ; Viens m'apprendra à sourire en essuyant mes pieui s ; Fais entendre ta voix, ta voix qui m'est si chèie, Et je l'imiterai pour consoler ta mère, Jusqu'au jour où le Dieu qui veille au souvenir A ceux qui nous aimaient voudra nous réunii

Écoutez, mes enfonts, cette effrayante histoire; Comme d'un saint avis gardez-en la mémoire ; Un jour vous la direz à vos petits-neveux , Quand la neige des ans blanchira vos cheveux.

C'était le soir; le vent soufflait sur les bruyères; Les marais exhalaient des vapeurs meurtrières, Et l'écho du vallon mêlait avec effroi Les cris de la chouette aux sons lourds du beffroi. Insensible aux autans qui grondaient sur sa tète, Un voyageur, un seul, affrontait la tempête; Paisible il gravissait le sentier du coteau , Livrant aux aquilons l'azur de son manteau. En vain les loups cruels, errant dans les ténèbres, l'ont retentir les bois de hurlements funèbres;

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