‹ Poésies completes de Émile de GirardinChapitre 50 sur 82 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

Du rameau précieux qu'il vient de conquérir Sur les rochers déserts de l'île orientale, Que le jour où, grandi sur la terre natale, Ses regards le verront fleurir.

Je reviens dissiper le vain bruit qui t'alaruie;

De ces beaux lieux, ma sœur, j'ai senti tout le charme :

ÎMais loin de mon pays, sous les plus doux climats,

Un supeibe lien ne m'enchaînera pas.

Non : l'accent étranger' le [)lus tendre lui-même

Attristerait pour moi jusqu'au mot : Je vous aime.

Un sort brillant, jiar l'exil acheté, Comblerait mes désirs!... Ma sœur n'a pu le croire. D'un [dus noble destin mon orgueil est tenté :

Un cœur qu'a fait battre la gloire

Reste sourd à la vanité.

Ce bonheur dont l'espoir berça ma rêverie, Nos rivages français pouvaient seuls me l'offrir. J'ai besoin , poiu' chanter, du ciel de la patrie : C'est là qu'il faut aimer, c'est là qu'il faut mourir. Hélas! si le malheur finit mes jours loin d'elle, Qu'on ne m'accuse pas d'une mort infidèle : Jure de ramener dans notre humble vallon Et ma harpe muette et ma cendre exilée. Ah ! sous les peupliers de notre sombre allée.

Une croix , des fleurs et mon nom Charmeraient plus mon ombre consolée

Qu'un magnifique mausolée

Sous les marbres du Panthéon.

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