‹ Poésies completes de Émile de GirardinChapitre 55 sur 82 · L'KCHO DES ALPES. .UT · texte numérisé non relu

L'KCHO DES ALPES. .UT

Quels accents belliqueux , quelle noble liarmonie , Naguère dans ces lieux sont venus me ravir, Quand vers ce beau pays qu'elle allait asservir La victoire marchait sur les pas du génie! Quand vint ce bataillon de héros et d'enfants,

Quand les Français de Bonaparte , Joyeux imitateurs des fiers rivaux de Sparte , Plantèrent sur ces monts leurs drapeaux triomphants ! Peuple amant des combats, brave jusqu'au délire,

Généreux . prudent et léger, Qui chante la misère et nargue le danger ,

Et qui meutt avec un sourire!

Que (le fois j'entendis ces courageux soldats . Dans ces vallons de neige où s'enfonçaient leurs pas ,

Transis de froid, d'une voix affaiblie.

Saluer en riant le beau ciel d'Italie!

Ce ciel les protégeait; Rome reçut leurs lois; Leur chef audacieux s'assit au rang des rois. Tous les échos des monts ont dit sa renommée, Tous les fleuves ont vu sa vagabonde armée ; Sous ses pas triomphants tous les ponts ont frémi ; Tous les forts ont porté son tonnerre ennemi. L'aquilon du Volga, l'ouragan de Syrie, Le simoun dont le souffle aveugle les regards , Le zéphyr parfumé de l'antique Tbérie , Tous les vents ont entlé ses nombreux étendards

Rêvant du inonde entier le trône solitaire ,

En soldat conquérant il parcourut la terre.

Du sort des nations il fut l'arbitre lui jour.

Étonnés, devant lui les rois courbaient leurs têtes,

Et, sujets couronnés, venaient parer ses fêtes.

Des rivaux de sa gloire il composait sa cour.

On le vit, pour servir ses desseins téméraires.

Distribuer l'Europe à ses sœurs, à ses frères,

Et, du destin trompeur démontrant les hasards,

Honorer de sa main la fdle des Césars.

De ce monarque altier, de ce géant de gloire ,

F.e sceptre eut un moment vingt trônes pour appui ;

A ses revers si prorapts quel peuple eût osé croire?

Les fruits de tant d'exploits, où sont- ils aujourd'hui:

Après tant de grandeur que reste-t-il de lui-'. .

Une veuve, hélas! consolée,

Une tombe sans mausolée Qu'un ami courageux osa lui consacrer; Monument oublié sous le feuillage sombre, Ou nulle voix ne répond à son ombre,

Où son fds ne va point pleurer !

Ainsi trois concjuérants ont ébloui le monde Qui retentit long-temp> de leur ('iiute profond*

Leur exemple servira-t-il A ceux qui de la gloire affrontent les tem|)èlcs

Quel fut le prix de leurs conquêtes;'

Le poison , le 1er et l'exil I

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