‹ Poésies completes de Émile de GirardinChapitre 60 sur 82 · A ^1. A. DE L · texte numérisé non relu

A ^1. A. DE L

Quel esf donc le secret de mes vagues alarmes... Est-ce un nouveau malheur qu il me faut pressentir.^ D'où vient qu'liier mes yeu\ ont versé tant de larmes En le voyant partir?

La nuit vint.... et j'errais encor sur son passage. Regardant l'horizon où l'éclau- avait lui , Sur la route, de loin, je vis tomher l'orage, Et je tremblai pour lui.

J'aimais à contempler cette lueur ardente Qu'il voyait comme moi dans le ciel obscurci , A .sentir sur mon front cette pluie iibondante Qui l'inondait aussi.

J'allai, chercliant un être ému de ma souffrance, Interroger les yeux de son départ témoins.... Mais lui!... n'était pour eux, dans leur indifférence-. Qu'un voyageur de moins.

jNos amis m'attendaient au seuil de ma demeure ; Je lus dans leurs regards un reproche jaloux. « L'ingrate! disaient-ils; elle souffre, elle pleure, » Et ce n'est pas pour nous! »

Cependant , pour tromper son âme généreuse , J'ai caché ma douleur sous l'adieu le plus froid... Pourquoi de son départ être si malheureuse?... Je n'en ai pas le droit.

Quel est ce sentiment , ce charme de s'entendre , ■ Qui, montrant le bonheur, le détruit sans retour.. Qui dépasse en ardeur l'amitié la plus tendre.... Et qui n'est pas l'amour.^

C'est l'attrait de deux conns, exilés de leur splièie, Qui se sont d'un regard reconnus en passant, Et que , dans les discours d'une langue étrangère , Trahit le même accent.

Tels, voguant loin îles bords d'une terre chérie, Deux navires perdus entre le ciel et l'eau, Heconnais.sent leurs va-ux , leurs dcï-tins, leur pairie, Aux coulcuis il'uu drapeau

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