LE REVENANT
Il est des revenants, c'est chose incontestable; Après avoir trop bu le soir à quelque table, Revenez de Kandern et vous rencontrerez Un bois, oii, j'en suis sûr, vous vous égarerez.
Là jadis on voyait une simple chaumière. Qu'habitaient un enlant, un chat, une fermière; Le mari, vieux soldat sans peur et sans remord, Aux champs d"Heltelingen avaient trouvé la mort.
Lorsque sa pauvre femme en reçut la nouvelle, Elle voulut d'abord se briser la cervelle; Pourtant elle reprit son enfant dans ses bras, En lui disant : — C'est toi qui me consoleras.. —
Cela n'eût pas manqué; mais, comme au coin de Tâtre, Filait un beau lundi cette mère idolâtre. Elle appelle son lils, le croyant dans la cour. Puis sort et l'aperçoit sur le sentier, qui court
Or, par ce sentier même un homme en pleine ivresse Revenait de Kandern... la mère en vain s'empresse Pour sauver son enfant de ce rustre grisé... Avant qu'elle y parvînt il était écrasé...
oa< 78 >e>o
Pour lui dans la forêt, voilà donc qu'elle creuse Une fosse et s'assied dessus, la malheureuse! En disant : — A bientôt, mon amour.. • — en effet, Deux ou trois jours après, d'elle c'en était fait.
Son corps s'anéantit au souffle de la brise, Mais son âme resta sur cette fosse assise. Et, bien que les buveurs n'aiment pas trop cela, Pour venir de Kandern, il faut passer par-là.
Et quand par ce sentier se montre quelque homme ivre,
Le fantôme l'empêche aussitôt de poursuivre,
Et l'égaré au besoin, ne permettant jamais.
Qu'on touche à ce tombeau, son seul bien désormais.
Alors de mieux en mieux Tivrog-ne se fourvoie, Tout en se répétant : — Voici la bonne voie.. — Puis le chat miaule et lui, tout rassuré qu'il est, Prend cette voix de chat pour celle d'un poulet.
Le voilà donc qui l'ait des courbes sans pareilles. Toujours avec ce cri de chat par les oreilles; Puis au moment qu'il croit chez lui rentrer bientôt, Il va heurter du front l'auberge de tantôt.
D'autres fois cependant cette route est hantée Par des gens sobres, dont n'est pas épouvantée La mère qui murmure alors en étouffant Ses soupirs: — De ceux-ci, ne crains rien, mon
enfant.. —
LE SCARABEE.
Un ans-e au fond (run lis tenait une gninguette,
El débitait sa sève en guise de piquette.
Un jour un scarabée imperceptible vint
Y demander à boire un bon coup de vieux vin.
— Du vieux, je n'en ai plus, lui répondit notre ange; Mais du très-bon nouveau, si cela vous arrange...
— Va pour le bon nouveau.. — Quand il eut épuisé Son broc, notre buveur, plus qu'à demi grisé,
S'en alla demander son compte à l'aubergiste,
Qui lui dit : — Ce n'est rien. — Le scarabée insiste.
• — • Ab ! si vous y mettez de l'obstination.
Je vais vous faire faire une commission.
En iruise de paiement... A la maison voisine,
Portez-moi ce paquet jaunâtre de farine.
Mon voisin, je le sais, a tout ce qu"il lui faut...
N'importe ; quand j'ai pu me trouver en défaut,
•lamais chez cet ami ne me fut refusée
Hation de farine ou goutte de rosée.
— Avec bien du plaisir... montrez-moi les chemins, — Reprit le scarabée, en se frottant les mains.
«3^ 80 >mo
Ledit voisin irétait lui-même qu'un autre ange;
— Monsieur, bien désolé que cela vous dérange, 3Iais le voisin pour vous m"a remis ce paquet
De farine prêtée un jour qu'il en manquait.
— Soyez le bien-venu, mon brave scarabée, Car, restitution n'est jamais mieux tombée. Asseyez-vous, je vais vous chercher au caveau
De quoi vous rafraîchir... c'est du bon vin nouveau. —
Le scarabée enfin revint gris vers sa belle. Qui se mit aussitôt à faire la rebelle. Pendant qu'il essayait de lui sauter au cou. En lui disant : — Pardieu! l'on peut bien boire un
coup. — ■
Puis enfin, la prenant dans ses bras, par la taille, Un baiser des plus doux termine la bataille. Sur quoi le scarabée expire en marmotant :
— Tâche, mon cher amour, d'en bientôt faire autant. . — •
LE STATTHALTER DE SCHOPFHEIM.
— Jean-George, voyez-vous, sur leUliin! quel orage! Le ciel est tout en llaninie, et la foudre lait rage; Comme tout devient noir! c'est comme s'il allait Faire nuit: courez vile aceroclier le volet. Maintenant servez-nous une chopine à boire, Et de mon stattlialter je vous dirai Pliisloire. 11 s'appelait Friedel, et ses belles façons Le distinguaient parmi tous les autres garçons. Chez le vieux statthalter, il était domestique. Ses yeux étinrelaient d'un feu tout magnétique. Son teint était de sang et de lait, ses cheveux Bien frisés, et ses bras bien ronds et bien nerveux. Friedel plût à Barbel, la lille de son maître; Barbel plut à Friedel, comme ça devait être; Pourtant, Friedel n'était toujours que le valet
— Encore une chopine et du i)ain, s'il vous plaît! Comme il tonne, bon Dieu! ça passera, j'espère; Voici donc ce récit, que je tiens de mon père :
C'était dans l'ancien temps, à cinq siècles d'ici; Les pandours désolaient, sans pitié ni merci,
oo< 82 >©o
Tout le pays, laissant après eux la famine.
Puis à la paix, des g-ens de bien mauvaise mine,
Le fusil sur l'épaule et le sabre au côté,
Parcouraient la campagne en toute liberté.
Là-bas, près de Fahrnau, dans un endroit superbe.
Vivait un paysan très-soigneux de son herbe,
Et dont tous les beaux prés, aux grands herbages verts.
Se trouvaient de fossés magnifiques couverts.
Il s'appelait Uhli: c'était un homme infâme,
Et cependant Barbel devint bientôt sa femme.
Heureusement pour lui, car servante ou valet,
A peine à son service, aussitôt s'en allait.
Aux pauvres il était vraiment inabordable.
Un jour il fit saigner un cochon formidable,
Le soir, il rafla tant de vin et de rôti,
Que sa tète, ma foi, bientôt s'en ressentit.
Et Friedel, qu'est-il donc devenu? Patience! Friedei, de sa misère ayant bien conscience, Au carnaval avait disparu tout-à-coup.
Avait-il quelque part fait quelque mauvais coup, Je ne vous dirai pas, et d'ailleurs que m'importe? Suivant tous les hasards du destin qui remporte, Jusqu'au premier d'avril, il reste dans les bois, Avec ses compagnons, pauvres gens aux abois; Superbe à voir avec sa chevelure blonde. Toujours brave et toujours alfable à tout le monde; Si bien qu'un beau matin tout ce monde lui dit :
— Sois notre capitaine! Il écoute interdit.
- -Oui, nous t'obéirons tous, tant qu'ici nous sommes.
co<: 83 >oo
Septante-sept garçons avec cent cinquante hommes. —
— Eh hien soit! dit Fiiedel: |)onr commencer, faisons La guerre aux maraudeurs, puis ensuite forçons
Les riches paysans à faire mieux l'aumône, Sans porter préjudice ou dommage à personne; Oui. faisons tout marcher d"un pas un peu plus droit. En attendant qu'ici renaisse enfin le droit.
— Ah! bon Dieu, quel éclair! — Un jour le capitaine Rassemble autour de lui ses soldats par centaine,
Et leur dit : — ■ Uhli vient de saigner ses cochons, Allons lui demander vite, et nous dépêchons. Quelques morceaux de lard avec quelques saucisses, Pour lui ce ne sont pas là de grands sacrifices; Par égard pour Barbcl, je voudrais seulement Qu'il n'en allât que trois le prier poliment De m'envoyer un peu de sa charcuterie; Grâce à nous, ses jardins comme sa métairie Furent sauvés des cerfs: grâce à nous, les premiers. Qui ne venions jamais secouer ses pommiers. Nous n'avons pas foulé l'herbe de ses pâtures; Nous n'avons i)as sévi contre ses créatures; Tous ses valets, le jour, la nuit, de tout côté, Ont toujours pu courir en toute liberté. Expliquez-lui la chose, et tâchez qu'il vous cède Quelques vivres: allez, que Dieu vous soit en aide! — •
Trois gars, avec des sacs, arrivent chez Uhli,
Et lui disent bonjour du ton le plus poli;
Lui répond : — Sacreminte! allez-vous en tous paître !
— Pourtant nous ne parlons que d'après notre maître.
Les valets entouraient le poêle indolemment, Et Barbel n'était pas là niallieureusement. Rond comme une futaille, Uhli n"a plus sa tête; Tout-à-coup il se lève effrayant et répète :
— Votre maître! ah! vraiment! maître ici! maître là! iSous en avons assez de g-ueux comme cela ;
Où qu'on aille, partout nos routes sont farcies
De marchands de chaudrons et de limeurs de scies;
Si l'on voulait pour tous être si généreux,
On n'irait pas bien loin sans mendier comme eux.
A la porte!... — Monsieur, soyez-nous donc propice.
Rien qu'un peu de farine avec une saucisse.
— Attends un peu. brigand, fait-il un peu plus bas, Tends-moi le nerf de bœuf qui pend au clou là-bas ; Jacob, c'est moi qui vais les servir d'importance... —
Tous trois partent alors sans nouvelle insistance.
Derrière eux un valet s'en va vite annoncer
A Barbel ce qui vient, hélas! de se passer:
- — ■ Ils ne méritent pas que sur eux on sévisse.
Ces gens, car bien souvent ils nous rendent service...
Pas vrai, Jacob? Ainsi, vous, maîtresse, voyez,
Que faire maintenant qu'on les a renvoyés? —
Barbel à ce récit semble bien mécontente;
Elle met son mouchoir et sa coiffe éclatante,
Resserre le cordon de son blanc tablier,
Et dit à Josei>h : — Mets au cheval son collier,
Puis descends de la paille, et surtout prends bien garde
Que sur tous ces apprêts mon homme ne regarde;
Vous antres, allez voir si l'on peut voyager
Du côté de Fahrnau, sans courir de danger. —
<>o< 85 >oo
En voyant revenir ses g^nns mal à leur aise, Frieiiel grince des dents et rougit comme braise :
— Dans vos sacs, voyons donc, que rapportez-vous?
— Uien!
Va toi-même donner de Pair à ce vaurien. Il a trop chaud! — EIi bien! j'en donne ma parole; Il n"aura pas trop cbaud longtemps, ce mauvais
drôle !
Une fois dans la terre, on est tout rafraîchi. — Friedel siffle, et du bois, par le givre blanchi, S"élance au même instant tout son monde en furie :
— Uhli de ses cochons a l'ait la boucherie,
A son tour de passer aussi par le couleou! —
Dans la nuit noire alors descendent le coteau De pauvres gens traînant des fagots de broussaille... D'épouvante à ces cris, tout leur être tressaille. Et sous le pont de Stein, ils courent se blottir. Soudain Friedel hésite et ne veut plus partir:
— Ilalte-là, mes amis, j'entends une voiture, Qui peut bien revenir de Bàle, d'aventure; Hier, de ce côté-là le messager passait... .\ttendez-moi, je vais regarder ce que c'est.
Il dit et voit bientôt sortir de la charrette Quelqu'un dont le regard ami sur lui s'arrête : — ■ N'est-ce pas toi, Friedel? — Mais je le crois
vraiment...
— Eh bien bonsoir à toi, sous ce beau firmament. Je puis le tutoyer, n'est-ce pas? Mon Dieu, comme
^^/. 86 >co
Tu dois être en courroux contre mon vilain homme! Mais qu'y puis-je. moi? Rien! Joseph m'a tout conté, Mais trop tard... Au logis que n"ai-je alors été! Je n'aurais pas souffert pareille vilenie... Friedel, si tu savais combien je suis punie, Mes beaux jours ne sont plus... Tiens, je t'apporte ici Des pruneaux, des quartiers de pommes, comme aussi De fromage de chèvre une part assez lourde; Puis un pot de vin vieux dans cette vieille gourde Que j'ai cachée ici, tiens, dans ce vieux torchon. Prends garde, il va couler; resserre le bouchon. Puis enfin du tabac; je souhaite qu'il t'aille; Laissons passer ces gens si chargés de broussaille... Sois sage et ne fais rien qui puisse te flétrir... — Mais je le jure, moi, cet Uhli doit mourir ! Répond Friedel. • — Voyons, mon cher Friedel, tu jures Qu'Uhli doit mourir; oui, nous autres créatures. Toutes nous y passons, quand vient notre moment. Uhli doit donc aussi mourir, bien clairement. Mais laisse-le, Friedel, vivre toute sa vie... Et pense aussi de quoi ta mort sera suivie. Toi-même tu devrais bien changer de façon; Pense à ta mère, pense à ta pauvre maison. Qui t'empêche bientôt d'en faire l'héritage; iNe peux-tu pas alors, même avec avantage. S'il se trouve une fille au regard doux et fin, L''obtenir, et qui sait? devenir maire enfin. Comment remplirais-tu, dis, ces charges brillantes, Pense-z-y bien, Friedel, avec des mains sanglantes? Pardonne Uhli, s'il t'a traité brutalement.
■ oo< 87 >oo
Et souviens-toi que c'est mon homme également. Veux-tu m'obéir, dis? — ■
Toujours à son idée, Et la face pourtant de larmes inondée, Friedel iliorche à parler, mais sans y parvenir; A la fin il éclate et n'y peut plus tenir. — ■ Eh bien, embrasse-moi, s'il faut que j'obéisse! Oui, je me changerai, va, que Dieu te bénisse... Vous autres, en avant! nous allons décamper; Allez tuer un cerf au bois pour le souper. — • Il dit. et pleure, Iiélas! et sa troupe incertaine Se demande en partant : — Qu'a donc le capitaine?
De son côté, Barbel vient de se mettre au lit.
— Ne ronfle donc pas tant! dit-elle à son Uhli,
On ne peut pas dormir! — ■ Maître Uhli se réveille : - — Jamais je n'ai rêvé, dit-il, chose pareille; Je rêvais que moi-même, hélas! je nie saignais; Dans la cuve d'eau chaude ensuite je baignais: Puis je sentais entrer le couteau dans mon ventre. Sais-tn que ça fait mal, ce couteau, quand il entre!
— Tu te seras pris pour le cochon de tantôt,
Sans doute; et c'est pourquoi tu sentais ce couteau; Dors! — II trouve son lit aussi dur qu'une pierre, Le pauvre homme, et ne peut refermer la paupière; Aussi ne revient-il de son rêve échauffé. Qu'au jour, en avalant sa tasse de café.
Tout-à-coup un marchand se clisse dans la chambre:
— Vous faut-il du cumin, les gens, ou du gingembre?
*3< 88 ^eô
— 3Ierci, nous en avons... — Avant de m"'en aller,
Maître Ulili, sl\ vous plaît, pourrais-je vous parler?..
Madame peut rester ou sortir, à sa guise :
Ecoutez, hier au soir nous descendions la Wiese,
Moi, mon cheval, celui d'un autre, et mon garçon;
Bel et bien nous étions en retard, de façon
Que tout près de Fahrnau nous voyous, de la route.
Une foule de gens, près du bois, en déroute.
Leur patron se trouvait juste au bord du chemin,
Près d'une femme qui lui retenait la main :
Une femme superbe, et sans lui faire injure,
Je la reconnaîtrais dans mille, je vous jure;
Car j'ai très-bonne vue et la lune luisait;
Enfin, je Tentendis, cet homme, qui disait :
• — Cet Uhli doit mourir! Je ne pus rien apprendre
De plus; je suis discret, vous devez le comprendre;
Je poursuivis ma route, et je vous dis le fait.
Pour que vous empêchiez peut-être un grand forfait. —
Comme Barbel écoute! et pourtant elle garde
Son sang-froid : — ISe crois rien de tout ce qu'il
bavarde; Il est ivre, cet homme, et sent le brandevin.. — A rassurer Uhli, Barbel s'épuise en vain. Uhli n'entend plus rien, il a perdu la boule; Son œil blanc, sans plus voir, dans son orbite roule; Sa langue s'épaissit, puis voilà tout-à-coup Qu'on le voit devenir noir et bleu jusqu'au cou. On court à Zell, après le docteur qui s'eiïraie. Ah! Friedel, tu disais donc une chose vraie : Cet Uhli doit mourir! Si bien que le mardi.
Pour le pauvre malade, liélas! oui, tout fut dit;
Si bien (|u"accompn£rné de la commune entière,
Il s"en alla bientôt tout droit au cimetière...
Qu'on Tait mis dans la terre, oui. c'est un l'ail certain.
On a dit avoir vu pourtant, soir et malin.
Un sanglier féroce, au regard équivoque.
Rôder au.\ environs depuis la même époque.
Si vous le rencontrez, quand le couchant yiàlit,
Ne le provocpiez pas, car c'est Tombre d'Ulili.
Et Barbel, mais qui donc maintenant la console?
- — ■ Barbel! supposez-vous donc qu'elle se désole?
Non, ses bans publiés le feront bientôt voir...
— Avec qui? — Mais parbleu, vous devez le savoir!
Son père est furieux: il reproche à sa fille
D'être le déshonneur de toute la famille,
Et dit qu'au lieu d'avoir pour gendre ce garçon,
Il va la faire aller elle-même en prison.
3Iais Barbel n'est plus femme à sitôt se soumettre;
Le père eut beau crier, il ne fut pas le maître:
Puis, quelque temps après, il tomba de cheval,
Et mourut dans la Wiese en traversant le val.
Notre couple à Schopfheim alors vient sans partage S'installer au milieu de son bel héritage; Friedel, sachant écrire et lire couramment, Au sommet des honneurs parvient rapidement. —Ah! mon Dieu, quel éclair! — .\la maison commune, Quel est rfonc ce monsieur en belle veste brune, Qui cause à la fenêtre et sourit aux passants? C'est Friedel! — Ah! mon Dieu! quels coups étourdissants!
Quel oraçe! — A la fin vient le moment d'élire; Chacun se dit : — Hugli ne sait presque pas lire L'écrit: choisissons donc Friedel pour statthalter. C'est un homme sur qui l'on peut au moins compter! De notre commune, oui, confions-lui les rênes. D'autant mieux que sa femme a déjà dans les veines Du sang de statthalter, et le vaut bien vraiment... Allons voir si Friedel dit oui, premièrement. —
A se rendre, Friedel est d'autant pins docile. Que la chose est vraiment pour lui toute facile. Chacun est dans la joie, et sans plus de retards, Du village enchanté hurlent tous les pétards. Puis, jusque bien avant dans la nuit, à l'auberge, Chacun danse, chacun de son mieu.v se goberge. Le fait est que ces gens avaient très-bien choisi. Et que Barbel avait bien son mérite aussi.
C'est Friedel qui d'un orgue enrichit leur église; Car alors, à Schopfhoim, il faut bien qu'on le dise, Ils n'en avaient pas brin: c'est lui pareillement Qui chassa du pays tout mauvais garnement. Barbel eut sept enfants, oui, dont la descendance Par ici vit encore au sein de l'abondance. Sans peut-être savoir ce qu'étaient ses ayeux... — ■ Ah! mon Dieu! quel éclair! ça m'arrache les yeux! Tout craque! a-t-on jamais vu pareille furie? Machoppeestvide..Ehmais! qu'est-ce là-bas? l'on crie! Au feu! l'on crie : Au feu! cela fait le frisson! Le tonnerre a-t-il donc allumé la maison?