‹ Poésies complètes de J.-P. HébelChapitre 16 sur 59 · LE COMPAGNON-MENUISIER · texte numérisé non relu

LE COMPAGNON-MENUISIER

J"ai fait tant l)icn que mal un peu crapprentissage; A table j'aurais l'ait un bien meilleur visag-e; Mais, ma foi, Tétabli, j'en conviens franchement, M"a toujours fatigué considérablement.

Aussi ma pauvre mère en vint à me promettre Que je ne trouverais jamais le moindre maître, Et je le crus comme elle, hélas! non sans song-er A ce qu'il m'adviendrait plus tard à Tétrang-er.

Ce qu'il m'est advenu? pardieu, je me promène; Des maîtres, j'en ai trois ou quatre par semaine... 0 mère! en me disant : ■ — Pas un maître, animal! Ne voudra faccepter, tu prédisais bien mal!

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JEAN ET VEROHiaUE.

Je n'aime qirune jeune fille,

Mais pour elle, vraiment je grille..

Autour de sa taille gentille.

Si j'avais les bras arrondis.

Je me croirais en paradis.

Je l'aime tant, que pour ma femme, A tout moment je la réclame :

Jamais la colère n'enflamme Son teint beau de sang et de lait; Enfin, tout en elle me plaît.

Quand je la vois sur mon passage. Tout mon sang me monte au visage, Mon cœur saute, et, faute d'usage, Je suis de sueur submergé, Puis je ne sais plus ce que j'ai.

Mardi matin, à la fontaine.

Elle me dit : — Ma seille est pleine,

Aide-moi, Jean... — puis incertaine

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— Ah! mon Dieu., comme te voilà.. - El j'entends toujours ce mot-là.

J'aurais alors bien pu, sans doute, Lui dire un mot, mais on redoute.

Quand on est pauvre, et cela coûte; Tandis que, riche, on trouverait Mille choses qu'elle croirait.

Bon! la voilà dans la salade..

De ce mur faisons l'escalade.

Car enfin j'en deviens malade; Et si je n'obtiens pas sa main, Je me ferai soldat demain.

Je n'ai, c'est vrai, ni sou ni maille. Mais jamais, certe, on ne me raille Sur mon honneur, ni sur ma taille; Ceux qui m'ont pour les proléger.

Peuvent défier tout danger.

Mais quoi? ce gros buisson s'agite..

Qui donc a pu, sainte Brigitte, Venir dessous, chercher un gîte; Je me croyais en sûreté, Et l'on aura tout écouté.

• — C'est moi, Jean; vas-tu te dédire?

Depuis longtemps j'avais su lire.

Dans tes yeux, ce charmant délire.

Dont je devins sûre mardi... Pourquoi n'en avais-tu rien dit?

Tu n'es pas riche?., belle affaire!,.

A la richesse je préfère Ta bravoure... tu sais tout faire; Écoute, je t'accepte ainsi.

Veux-tu de moi? je t'aime aussi...

— Dieu! que dis-tu là? puis-je croire,

Ma Véronique, à cette histoire;

Tu me tires du purgatoire,

Pour mettre le comble à mes vœux...

Ah! c'est bien sûr que je te veux.

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