‹ Poésies complètes de J.-P. HébelChapitre 20 sur 59 · CRI DU GUET · texte numérisé non relu

CRI DU GUET

Ecoulez bien ceci, braves gens de la ville : Dix heures vont sonner à la Maison-de-ville. Faites votre prière et mettez- vous au lit; Jusqu'à demain matin que nul ne se réveille; Il est un œil là-haut qui toute la nuit veille, Et qui toujours au fond des consciences lit.

Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville : Onze heures vont sonner à la Maison-de-ville. Le tapage nocturne à tout le monde nuit, Cest pourquoi je répète au menuisier qui lâche. Malgré l'heure qu'il est, de terminer sa tâche... — Vous finirez demain, couchez-vous, bonne nuit!

Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville : Douze heures vont sonner à la Maison-de-ville. Hélas! s'il est encor une âme à quelque endroit, Une pauvre âme qui languisse et se désole. Qu'elle ait recours à Dieu, car toujours il console Tous ceu.x qui vont à lui le cœur flétri, mais droit.

Écoutez bien ceci, braves gens de la ville : Une heure va sonner à la 3Iaison-de-ville.

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S'il est quelque brigfand, par le diable incité, Qui s'efforce d'ouvrir soit porte, soit fenêtre; (J'espère bien que non! mais cela pourrait être...) Qu'il se sauve, car Dieu voit dans l'obscurité.

Écoutez bien ceci, braves gens de la ville : Deux heures vont sonner à la 3Iaison-de-ville, S'il est un pauvre diable, hélas! prêt à mourir. Et pour qui la mort soit comme une délivrance. Qu'il fasse encor de Dieu sa dernière espérance... Je le plains! car vraiment à quoi bon tant souffrir?

Écoutez bien ceci, braves gens de la ville : Trois heures vont sonner à la 3Iaison-de-ville. Oh! pour le coup, voilà le jour à l'orient... Que l'ouvrier s'éveille et se mette à l'ouvrage... S'il s'est levé joyeux, qu'il prenne bon courage, Car son front restera tout le jour souriant.

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