‹ Poésies complètes de J.-P. HébelChapitre 31 sur 59 · LE NOUVEL-AN · texte numérisé non relu

LE NOUVEL-AN

Le malin ne vient pas... jiis(|irà ce qu'il s'éveille, .le pourrai donc un peu flâner... e'est à merveille; l'as (le fane ià-liaiit, iiuao^e mon ami, Car la lune déjà n'est claire qu'à demi...

Point de fleurs... mais pailoul du givre à larges

franges.

Avec du foin au seuil des taves et des granges... Jlon cousin seul a pu se mocpier d'eux ainsi, Puis il se sera mis à courir, tout transi...

Il faudra pourtant bien (jue ça clianse de mine; Je mettrai, moi, des fleurs à sui)erl)e étamine Dans ces jardins... et puis, sur ces arbres jumeaux. Des fleurs cncor... des fleurs jusqu'au bout des rameaux.

Rien ne bouire... tout doit. Tiens voilà, bon augure, L'n moineau... le pauvret fait bien triste ligure; •le gaffe (pi'il avait une tendre moitié, Dont (es grands froids l'auront séparé sans pitié.

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Et le voilà tout morne, à présent: plus de femme, Plus de pain, plus de gîte, et, quand le froid Taffame, Personne pour lui faire un peu de soupe enfin... Pauvre petit, c'est moi qui calmerai ta faim.

Rien ne bouge... tout dort. Quelle superbe église!...

Leur clocher avec ceux des villes rivalise...

Six heures au cadran... le matin va venir;

Ah! tant mieux, car je gèle et n'y puis plus tenir...

Les morts n'y sentent rien, eux; quelle vie étrange Ils ont; toujours dormir sans que rien les dérange... La mort guérit de tout; mais comptons avec soin Ces plac(^s vides, car nous en aurons besoin.

Un orphelin pourrait trouver là son affaire... Là, deux vieillards, avec un peu de savoir-faire. S'étendront aisément... Oh! quelle bonne nuit Passeront là tous ceux (|ue ronge quelque ennui...

Une lumière... et deux... et trois... Ton se réveille; Toutes ces portes vont s'ouvrir comme la veille;

-Bon jour, mes braves gens; me voici, |)as d'effroi... C'est moi; depuis minuit je suis là... qu'il fait froid!

Mon cousin est parti sans vous faire de signe;

Si j'avais cependant oublié ma consigne.

Quels dangers vous couriez! voyons, foin du railleur;

Suis-je beau? tout cela sort de chez le tailleur...

Veste de fin velours, beau gilet écarlate; Pantalons à grand poil... (on dit que cela flatte...)

Montre à cordon trnînanl. chapeau tout neuf, cheveux Crè|tés... vraiment je suis au comble de mes vœux...

Tiens, dans mon havresac, j'en sens un qui regarde : Tu voudrais bien savoir quels beaux secrets j"y garde.. Ils seront assez tôt devant vous étalés... Les roses n'y sont pas sans éjunes, allez.

Vous verrez que ma bal^e est pas mal variée; Maillots (renfanis. anneau pour une mariée. Rubans, couronnes, ciels de cimetière... Eh! oui, Peut-être pour plus d'un qui s'en moque aujourd'hui.

Que Dieu nous donne à tous une àme sans reproche, El calme, quand la joie ou la douleur approche... Pour les fripons, je n'ai point de mot consolant, El n'en trouverais point, même en le bien voulant.

Maintenant, habillez les enfants pour la messe, En vous rappelant bien tout, menace et promesse... Allons, voici le jour, et le soleil riant Semble nous saluer du fond de l'Orient.

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