‹ Poésies complètes de J.-P. HébelChapitre 6 sur 59 · L'ETOILE DU MATIN · texte numérisé non relu

L'ETOILE DU MATIN

Où courez-vous si tôt, belle petite étoile, Avec ces cheveux d'or qui flottent comme un voile, Et cette lono-ue robe, et ces beaux gfrands yeux clairs, Tout moites de rosée et tout brillants d'éclairs?

Vous croyiez être seule'?.. Oh! non: depuis une heure, Nous l'auchons ici, nous: moins au lit on demeure, Et plus, dès le malin. Ton est dispos et frais. Et la soupe en devient toujours meilleure après.

Il est des paresseux qui dorment sans relâche, Et qui se lèvent quand du lit on les arrache. L'étoile et le faucheur s'arrangent autrement. Et l'œuvre du matin trouve au soir son paiement.

Tous les petits oiseaux, par bande émerveillée. Se disent dès lono-temi)S bonjour sous la feuillée; La tourterelle rit et pleure tour à tour; Et la cloche, elle aussi, s'éveille dans sa tour.

Jusqu'à la noire nuit, que le bon Dieu nous garde ! On est toujours bien, tant qu'on Ta pour sauvegarde. D'ailleurs, à tout liasard, nous ne lui demandons Qu'un bon cœur, car c'est là le premier de ses dons!

Cette étoile en voudrait trouver une comme elle, Pour vivre à ses côtés, en bonne sœur jumelle; Mais le soleil, son père, à qui cela déplaît, La remet, quand il vient, sous clef comme un poulet.

Voilà pourquoi, Jacob, cette pauvre ingénue, Poursuit, avant le jour, sa jumelle inconnue. Prête à solder, au prix de l'or et de l'argent. Quelque baiser de s(Eur bien doux et soulageant.

Au moment où sa main va l'atteindre, son père, Que sa fuite soudaine et furtive exaspère. Crie: — Ob! de mon enfant, qu'onl-ils fait, les démons? Puis il s'en va guetter par-derrière les monts.

Quand l'éloile aper(,oit son père, toute blême, Elle tombe, en faisant, à l'étoile qu'elle aime. Ses adieux... — Ilàtez-vous, étoile du matin, Car votre père guette à l'horison lointain ! —

Tiens, vois, dans sa splendeur comme se tranquillise Le soleil en dorant le clocher de l'église. Et comme son éclat vient, par monts et par vaux. Répandre la gaîté sur nos rudes travaux.

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La ciffOffue. an somnief dos maisons ruinées, Polit son hoc: partout runiont los clioniinées : Lo volant du moulin tourno au courant de l'eau, Et lo coupeur s"cpuise autour du vieux l)0uleau.

Qui peut donc traverser si tôt la plaine verte, Une corbeille au bras, d"un linge blanc couverte? C'est la soupe! ce sont les tourneusf^s de foin.. Marianne est devant, et me sourit de loin.

Si j'étais le g-arçon du soleil, d'un pied leste, •le quillerais, par Dieu! son domaine céleste; (Dùt-il en maugréer de là-liaut, tous les jours); Pour suivre pas à pas Jlarianne toujours.

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