LE MOINEAU
— Mon enfant, comprends-tu, dis-moi. ce que babille Ce moineau qui toujours en vrai grison s'Iiabille :
Il dit tout fier : — Je suis le seigneur de Tendroit, Et sur vos meilleurs grains je prélève mon droit. -
Pourtant, il faut le voir , au retour <le l'automne, Cet orgueilleux moineau, comme alors il s'étonne D"être obligé d'aller, s'il ne veut pas mourir. Piquer les pauvres grains perdus pour se nourrir.
Et quand lliiver, de neige, a bien jonché la terre,
Que fait notre moineau malingre et solitaire?
Il vient à la fenêtre, et dit à coups de bec :
— Bonnes gens, par pitié ! quelques brins de pain sec ! — •
— Ah! mère, qu'il a froid! donne-lui quelque chose...
— Rien ne presse: voyons d'abord ce que te cause Pour lui cet intérêt: serait-ce le souci
De te voir un beau jour bien malheureux aussi?
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JIoii cluM-, (|iian(l tu seins lieiiriMix, jamais ne pense : Bail ! ji" siii.s ritlio cl peux l'aire l'orée dépense. Ke prétends pas mander tous les jours du rôti, Car c!> n'irait pas loin, sois en bien averti.
Les lundis bleus (') ne l'ont jamais lontrue fumée; La semaine de bien des heures est formée, Et combien on en voit de semaines pourtant, Jusqu'à ce qu"on arrive à son dernier instant.
Tout ce que Ton apprend quand on est jeune encore, Jusqu'au dernier moment nous reste et nous décore. Et (piand revient Tliiver. on est tout enchanté De ce (|u"on s'est acquis dans le cours de l'été.
Pense à cela, mon cher, et sois toujours bien sage ;
■ — Ah! mère, le moineau va s'envoler, je g'ag-e
— Eb bien, prends du millet; va-t-en le lui jeter. Et sois sûr qu'il sera tout aise de rester.
(I) Lundi Je Pari*