EPITAPHE DE FEU MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS
Jr lus Mars que Mars de la Thrace, Mon père victorieux Aux rois les plus glorieux Ota la première place.
Ma mère vint d'une race Si fertile en demi-dieux, Que son éclat radieux Toutes lumières efface.
Je suis poudre toutefois, Tant la Parque a fait ses lois Egales et nécessaires ;
Rien ne m'en a su parer ; Apprenez, âmes vulgaires, A mourir sans murmurer.
A LA REINE, MÈRE DU ROI
Sur la mort de Monseigneur le duc d'Orléans.
V>onsolez-vous, Madame, apaisez votre plainte ; La France, à qui vos yeux tiennent lieu de soleil, Ne dormira jamais d'un paisible sommeil Tant que sur votre front la douleur sera peinte.
Rendez-vous à vous-même, assurez votre crainte, Et de votre vertu recevez ce conseil, Oue souffrir sans murmure est le seul appareil Oui peut guérir l'ennui dont vous êtes atteinte.
Le ciel, en qui votre âme a borné ses amours,
Etoit bien obligé de vous donner des jours
Qui fussent sans orage et qui n'eussent pas d'ombre.
Mais, ayant de vos fils les grands cœurs découverts, N'a-t-il pas moins failli d'en ôter un du nombre Que d'en partager trois en un seul univers ?