‹ Poésies complètes de Malherbe; (volume 2)Chapitre 71 sur 81 · MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE RICHELIEU

vJrand et grand prince de l'Eglise, Richelieu, jusques à la mort, Quelque chemin que l'homme élise, Il est à la merci du sort; Nos jours filés de toutes soies Ont des ennuis comme des joies, Et de ce mélange divers Se composent nos destinées, Comme on voit le cours des années Composé d'étés et d'hivers.

Tantôt une molle bonace

Nous laisse jouer sur les flots;

Tantôt un péril nous menace,

Plus grand que l'art des matelots;

Et cette sagesse profonde

Qui donne aux fortunes du monde

Leur fatale nécessité

N'a fait loi qui moins se révoque

Que celle du flux réciproque

De l'heur et de l'adversité.

FRAGMENT

1 an tôt nos navires, braves De la dépouille d'Alger, Viendront les Mores esclaves A Marseille décharger ;

Tantôt, riches de la perte De Tunis et de Biserte, Sur nos bords étaleront Le coton pris en leurs rives, Que leurs pucelles captives En nos maisons fileront.

FRAGMENT

J^LLE étoit jusqu'au nombril Sur les ondes paroissante, Telle que l'aube naissante Peint les roses en avril.

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