NOTICE SUR PARNY
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Parny naquit le 6 février 1753 à l’île Bourbon. On lembarqua pour la France à l'âge de neuf ans et il fit ses études au collège de Rennes. À 18 ans il vint à Paris et entra dans un régiment, où il se lia d’une étroite amitié avec son compatriote Bertin, qui faisait des vers comme lui. Pendant deux ans, Parny mena à Versailles et dans la capitale la vie la plus joyeuse et la plus charmante qu’un jeune militaire et qu’un jeune poëte puisse rêver. Il était devenu l'âme, le bout en train, l'esprit follet d'une coterie de jeunes gens qui passaient alors pour l'élite des beaux esprits.
On se réunissait dans des soupers fins, où l’on improvisait des chansons, où l’on disait des vers.
Quand il eut vingt ans,la famille Parny rappela son fils. Il retourna à l’île Bourbon, et fit la connaissance de cette jeune créole qw'il a chantée sous le nom d’Eléonore. Il avait commencé par lui donner des lecons de musique, et l'histoire finit par un roman qui eut le méme dénouement que celui de la Nouvelle Héloïse.
Après la faute, la séparation, mais non' l'oubli, car Parny a immortalisé le nom de celle qu’il a aimée dans quelques vers qui resteront les plus touchants dans notre littérature.
En 1778,parut la première édition des poésies erotiques. « Elles devinrent à l'instant, dit Sainte-Beuve,
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une fête de l'esprit et du cœur pour toute la jeunesse du règne de Louis XVI. L'oreille était satisfaite par un rythme pur, mélodieux ; le goût l'était également par une diction nette, élégante, et qui échappait au jargon à la mode, au ton du libertinage ou de la fatuité. Les connaisseurs faisaient une différence extrème de cette langue poëtique de Parny d'avec celle des autres poëtes du temps, les Bouflers, les Peza, les Dorat ; c'eût été une grossièreté alors de les confondre. »
Parny est amoureux comme tout le monde, avec simplicité, il ne recherche pas dans l'amour les effets tragiques ou pathétiques, il se contente d'aimer avec naturel, poussé par son instinct, sans y mettre trop de facons. Il ne ressemble ni à Byron ni à Musset, il est de l’école de Tibulle et d’ Horace.
Voyez avec quel abandon et quelle grâce de pinceau il nous peint le sommeil d’une jeune fille :
Le sommeil a touché ses yeux ; Sous les pavots délicieux
Ils se ferment, et son cœur veille.
A l'erreur ses sens sont livrés.
Sur son visage par degrés
La rose devient plus vermeille ; Sa main semble éloigner quelqu'un ; Sur le duvet elle s’agite ;
Son sein impatient palpite
Et repousse un voile importun.
Enfin, plus calme et plus paisible, Elle retombe mollement ;
Et de sa bouche lentement S'échappe un murmure insensible.
Ce murmure plein de douceur Ressemble au souffle du zéphire Quand il passe, de fleur en fleur:
C'est la volupté qui soupire :
Oui, ce sont les gémissements D'une vierge de quatorze ans,