ÉPILOGUE
On a brisé de tes cloches fidèles L’airain sacré si fatal au sommeil, Tes gros serpents et tes aigres crecelles.
Les temps prédits sont pour nous arrivés :
Voici la fin de ce coupable monde.
De l’Antechrist la malice profonde Des justes même a fait des réprouvés.
Pour égarer la française sagesse, Ce monstre adroit prend de la liberté Le nom chéri, la voix enchanteresse, Les traits, le geste, et la mâle beauté.
. Sans peine alors il séduit, il entraîne.
Par lui l’Europe a soulevé sa chaîne.
De nos couvents il brise les verroux.
On voit du Christ les amantes pudiques, De cet hymen rompant les nœuds mystiques, Leur préférer de palpables époux.
De nos autels le coupable ministre, Laissant du deuil le vêtement sinistre, Ose former un profane lien :
Il devient homme, et père, et citoyen.
On a permis à cette infortunée, Que tourmentait un maître impérieux, De renoncer à ce joug odieux, Et de chercher un plus doux hyménée.
Mais l’heure approche, 6 mortels corrompus | Par ces forfaits, dont frémit la nature, Race d'Adam, tu combles la mesure ; Tu vas périr, tu péris, tu n’es plus.
Ainsi finit l’humaine impertinence.
Quel calme alors ! quel vaste et beau silence ! Mais tout à coup un Ange dans les airs Fait retentir la trompette éclatante.
Ce son terrible ébranla l’univers,