‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 21 sur 106 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Dans les tombeaux il porte l’épouvante.

€ Morts, levez-vous | À ces mots chacun d'eux,

Se dégageant du linceul qui le presse

Montr: à demi son visage terreux,

En clignotant au jour ouvre les yeux,

Étend les bras, et sur ses pieds se dresse,

Mais quelques-uns, du sommeil amoureux,

Ou devinant leur prochaine sentence,

Dans leur réveil mettent plus d’indolence :

L'Ange leur crie : « Alions donc, paresseux |

A vos tombeaux vous preniez goût, je pense. » Voici leur juge+ ô spectacle effrayantl

Dans un orage ainsi l’on voit la foudre

Avec l'éclair partir de l’Orient, |

Et tout à coup embraser l'Occident,

« Eh bien, tenez, réduisez-nous en poudre,

Disent alors les pécheurs. » Vain désir |

On peut revivre, on ne peut remourir,

« Puisqu’on refuse à nos vœux le tonnerre,

Ajoutent-ils, ouvre tes flancs, Ô terre |

Etna, Vésuve, Alpes, tombez sur nous |! »

Mais pour si peu vous n’en serez pas quittes ;

Un tel chapeau sur vos têtes proscrites

Serait encore un supplice trop doux.

Un morne effroi saisit le juste même ;

Le cœur lui bat: mais l’Arbitre suprême

Parle en ces mots : Innocentes brebis,

Qui du salut prîtes la route étroite,

Venez enfin, placez-vous à ma droite ;

Séparez-vous des boucs, je les maudis. »

A cette voix, chaque brebis docile

Fait ses adieux, vers la droite elle file,

Et nous bêlons un cantique à Jésus.

Tout en bêlant, je compte des élus

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