ÉPILOGUE
Dans les tombeaux il porte l’épouvante.
€ Morts, levez-vous | À ces mots chacun d'eux,
Se dégageant du linceul qui le presse
Montr: à demi son visage terreux,
En clignotant au jour ouvre les yeux,
Étend les bras, et sur ses pieds se dresse,
Mais quelques-uns, du sommeil amoureux,
Ou devinant leur prochaine sentence,
Dans leur réveil mettent plus d’indolence :
L'Ange leur crie : « Alions donc, paresseux |
A vos tombeaux vous preniez goût, je pense. » Voici leur juge+ ô spectacle effrayantl
Dans un orage ainsi l’on voit la foudre
Avec l'éclair partir de l’Orient, |
Et tout à coup embraser l'Occident,
« Eh bien, tenez, réduisez-nous en poudre,
Disent alors les pécheurs. » Vain désir |
On peut revivre, on ne peut remourir,
« Puisqu’on refuse à nos vœux le tonnerre,
Ajoutent-ils, ouvre tes flancs, Ô terre |
Etna, Vésuve, Alpes, tombez sur nous |! »
Mais pour si peu vous n’en serez pas quittes ;
Un tel chapeau sur vos têtes proscrites
Serait encore un supplice trop doux.
Un morne effroi saisit le juste même ;
Le cœur lui bat: mais l’Arbitre suprême
Parle en ces mots : Innocentes brebis,
Qui du salut prîtes la route étroite,
Venez enfin, placez-vous à ma droite ;
Séparez-vous des boucs, je les maudis. »
A cette voix, chaque brebis docile
Fait ses adieux, vers la droite elle file,
Et nous bêlons un cantique à Jésus.
Tout en bêlant, je compte des élus