ÉPILOGUE
Le petit nombre : ô sagesse inneffabie | Hélas ! des boucs la foule est innombrable.
Mais quel fracas | quelle confusion!
Du mouvement et de l'attraction La loi n’est plus ; nos fidèles planètes, Notre soleil s’y fixe jusqu'alors, Et notre lune, et nos folles comètes, Et Sirius, et ces immenses corps.
Ces millions de mondes et d'étoiles Qui de la nuit enrichissent les voiles, Par la tangente aussitôt s’échappant, À droite, à gauche, à grand bruit se heurtant, Viennent du Christ seconder la colère, Et s’abîimer sur notre pauvre terre.
Vaincu trop tard, l’incrédule docteur, Qui n’avait pas calculé ce miracle, Blême et tremblant, contemple avec stupeur De l’univers l’effroyable débacle.
Moi qui, plus sage, ai cru sans examen, Au ciel je monte en frissonnant encore; J'entre, et tandis qu'auprès d'Éléonore Je suis assis dans le céleste Eden, L'enfer reçoit nos soldats téméraires Qui de Jésus houspillent les vicaires, Les persifleurs du culfe de nos pères, Et les amants des filles de nos mères, Et les frondeurs de mes rimes sincères, À In sæcula sœculorum ; amen. 4