TABLEAU XXVII
Le sombre Pluton sur la terre Etait monté furtivement ;
De quelque Nymphe solitaire I1 méditait l’enlèvement.
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LES DÉGUISEMENTS
De loin le suivait son épouse:
Son indifférence est jalouse.
Sa main encor cueillait la fleur Qui jadis causa son malheur ; Il renaissait dans sa pensée.
Myrtis passe : 11 voit ses attraits, Et la couronne de cyprès
A ses cheveux entrelacée.
1 se prosterne ; d’une main Elle fait un signe ; et soudain Remonte sur son char d’ébène.
Près d'elle est assis le berger.
‘ Les coursiers noirs d’un saut léger
Ont déjà traversé la plaine.
Ils volent ; des sentiers déserts Les conduisent dans les enfers. Du Styx ils franchissent les ondes :
Caron murmurait vainement ; Et Cerbère sans aboîment Ouvrait ses trois gueules profondes.
Le berger ne voit point Minos, Du Destin l’urne redoutable, D’Alecton le fouet implacable, Ni l’affreux ciseau d’Atropos.
Avec prudence Proserpine
Le conduit dans un lieu secret, Où Pluton, admis à regret, Partage sa couche divine.
Myrtis baise ses blanches mains, La presse d’une voix émue,
Et la Déesse demi-nue
Se penche sur de noirs coussins.
Elle craint un époux barbare:
Le berger quitte le Tartare;