‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 56 sur 106 · UN · texte numérisé non relu

UN

Jeune et mignonne, Et la friponne Deux fois sourit.

De limprudente

La voix brillante Osait chanter

Et répéter Chanson menteuse Contre l’amour, Contre l’amour Qui doit un jour La rendre heureuse.

Le long du bois

Je fais silence

Et je m’avance

En tapinois ;

Puis je m’arrête, Et sur sa tête Faisant soudain Pleuvoir les roses, Qui sous ma main S’offraient écloses :

« Salut à vous, Mon inhumaine, N'ayez courroux Qu’on vous surprenne.

À vos chansons »

Nous vous prenons Pour Philomèle.

Aussi bien qu’elle Vous cadenciez, Ma toute belle :

Mais mieux feriez, Si vous aimiez

Aussi bien qu’elle. »

— « J'ai quatorze ans, Répond Nicette ; Suis trop jeunette Pour les amants. »

— « Crois-moi, ma chère, Quant on sait plaire, On peut aimer.

Plaire, charmer, Surtout aimer,

C’est le partage, C'est le savoir

Et le devoir

Du premier âge. »

— « Oui; mais cet âge, Du moins chez vous, Est dans ses goûts Toujours volage.

Sur un buisson

Le papillon

Voit-il la rose:

Il s’y repose.

Est-il heureux :

Amant frivole, Soudain il vole

A d’autres jeux.

Mais la pauvrette, Seule et muette,

Ne peut voler.

Ici la belle

Voulait parler

Pour désoler

Mon cœur fidèle ; Mais un soupir

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