‹ Poésies complètes de ParnyChapitre 67 sur 106 · LE REFROIDISSEMENT · texte numérisé non relu

LE REFROIDISSEMENT

Ils ne sont plus ces jours délicieux,

Où mon amour respectueux et tendre

À votre cœur savait se faire entendre,

Où vous m’aimiez, où nous étions heureux | Vous adorer, vous le dire, et vous plaire, Sur vos désirs régler tous mes désirs, C'était mon sort ; j'y bornais mes plaisirs.

Aimé de vous, quels vœux pouvais-je faire ?

Tout est changé : quand je suis près de vous, Triste et sans voix, vous n’avez rien à dire : Si quelquefois je tombe à vos genoux,

Vous m'’arrêtez avec un froid sourire,

Et dans vos yeux s'allume le courroux.

Il fut un temps, vous l’oubliez peut-être, Où J'y trouvais cette molle langueur,

Ce tendre feu que le désir fait naître,

Et qui survit au moment du bonheur.

Tout est changé, tout, excepté mon cœur.

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