LE CABINET DE TOILETTE
Voici le cabinet charmant
Où les Grâces font leur toilette.
Dans cette amoureuse retraite J'éprouve un doux saisissement, Tout m’y rappelle ma maîtresse, Tout m'y parle de ses attraits ; Je crois l'entendre, et mon ivresse La revoit dans tous les objets.
Ce bouquet, dont l'éclat s’efface, Il se dérangea sous ma main,
Et mes lèvres prirent sa place.
Ce chapeau, ces rubans, ces fleurs, Qui formaient hier sa parure,
De sa flottante chevelure Conservent les douces odezrs.
Voici l’inutile baleine
Où ses charmes sont en prison.
J'aperçois le soulier mignon
Que son pied remplira sans peine.
Ce lin, ce dernier vêtement...
Il a couvert tout ce que j'aime:
Ma bouche s'y colle ardemment, Et croit baiser en ce moment
Les attraits qu’il baisa lui-même.
Cet asile mystérieux