‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 101 sur 224 · AFTON · texte numérisé non relu

AFTON

Goule doucement , bel Afton , entre tes vertes rives , Goule doucement , je te chanterai une chanson à ta louange ; Ma Mary est endormie près de ton eau murmurante , Goule doucement, bel Afton, ne trouble pas son rêve.

toi , pigeon ramier dont l'écho résonne à travers le vallon. Vous, merles farouches qui sifflez cachés là-bas dans les épines, Et toi , vanneau à la crôte verte, cesse ton cri, Je vous somme de ne pas troubler ma belle endormie.

Ou'elles sont hautes, bel Afton, les montagnes qui t'avoisinent^ Sillonnées au loin de clairs ruisseaux à la course sinueuse ; Là j'erre chaque jour quand midi monte au ciel , Et j'ai sous les yeux mes troupeaux et la chère cabane de ma Mary.

Quel charme dans tes bords et dans les vertes vallées d'en bas , Oa sauvages dans les bois fleurissent les primevères \

Là souvent, lorsque le doux soir pleure sur la prairie, Le bouleau embaumé ombrage ma Mary et moi.

Ton flot de cristal , Aflon, avec quelle grâce il coule Et serpente près de la chaumière où demeure ma Mary ! Comme tes eaux se jouent en baignant ses pieds de neige, [limpide!] Tandis que cueillant des fleurs odorantes, elle remonte ton courant

Goule doucement, bel Afton, entre tes vertes rives, Goule doucement , belle rivière , le sujet de mes chants ; Ma Mary est endormie près de ton eau murmurante , Goule doucement, gracieux Afton , ne trouble pas son rêve.

Délaissée, mon amour, privée de toute consolation , Loin, loin de toi, j'erre ici, Loin, loin de toi, sort rigoureux, Pont surtout je murmure, mon amour.

CHÇEUR.

Oh ! si seulement, mon amour, tu étais auprès de moi , Seulement auprès, auprès, auprès de moi ; Avec quelle bonté tu m'égaierais ,

Et mêlerais tes soupirs aux miens, mon amour !

Autour de moi se rembrunit un ciel d'hiver.

Qui détruit chaque bouton d'espérance et de joie ; Et je n'ai ni abri , ni refuge , ni asile , Si ce n'est dans tes bras, mon amour.

Oh! si seulement, etc.

Rôle cruel de l'amitié changée et refroidie D'empoisonner le dard impitoyable de la fortune — Ne brisons pas ton cœur Hdèle,

Et ne disons pas que ce sort est le mien , mon amovr. Ohl si seulement, etc.

Mais, quoique les instants volent avec une vitesse attristante, Oh 1 laisse-moi croire que nous nous reverrons ; Ce seul rayon de douce consolation Peut briller sur ta Ghioris, mon amour.

Oh 1 si seulement, etc.

un POÉftie» DK BURNS.

BLIZA.

Loin d« toi , Blieâ , je doid ptftir,

Bi loin de mft rive naUle; Les destins cruels jettent entre nous

Le rugissement d'un océan sans t)ornes :

Mais les océans dans bornes, qui rugissent au loin.

Entre mon amour et mol ; Ne pourront Jamais, jamais séparer

Mon cœur et mon âme de toi.

Adieu , adieu , chère Eliza ,

Fille que j'adore 1 Une voix prophétique me dit à iWille

Que nous nous séparons pour ne plus nous revoir ! Mais le dernier battement qui quittera mon Mwr,

Quand la Mort se tiendra victorieuse auprès ^ Ce battement, Eliza, t'appartient^

A toi, ce dernier soupir 1

ÇA DONC, HOTESSE, ADDITIONKB LB OOtf^B.

Le jour est parti et la nuit est sombre, Mais nous ne nous égarerons pas f^ute de lumière ; Car l'aie et l'eâu-de-vie sont les étoiles et Ift lune, Et le.yin rouge comme du sang eéi le soleil leVàht.

CBOBUA.

Ça donc, h6tese, additionne le oompte, le compte, le oompti, Ça donc, hôtesse, additionne le oon|>td) tt apporte un broc de plttl.

La richeaee et le repos sent le lot des messieurs » Et les gens du commun doivent lutter et faire comme Ui peuvent; Mais ici nous sommes tous égaux , Car imtl homme qui «tt ivre est un lord.

Ça donCf bôtetso, eto.

Mon broc est une sainte piscine Qui guérit les blessures du souci et du cbaf^rin ^ Et le plaisir-est une truite folâtre :

Si vous buvez tout, vous le trouverez au fond. Ça donc, hôtesse, etc.

POÉSIES DE BURN8. <i7

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