‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 125 sur 224 · A M. CUNNINGHAM · texte numérisé non relu

A M. CUNNINGHAM

Voici que le printemps a habillé les bois de vert

Et a jonché le pré de fleurs ; On voit le blé, aux sillons ondoyants.

Se réjouir sous les ondées fécondantes ; Tandis que chaque chose dans la nature s'unit

Pour déposer ses chagrins , Ohl pourquoi vais-je seul ainsi Du pas fatigué de la douleur?

La truite là-bas, dans le ruisseau qui serpente,

Glisse, rapide flèche d'argent.

Et, en sûreté sous T épine touffue.

Délie Tart du pécheur :

Ma vie était jadis cet insouciant ruisseau ,

J'étais cette truite folâtre; Mais l'amour, de son impitoyable rayon,

A brûlé et tari ma source.

Le lot paisible de la petite fleurette

Oui croit sur le rocher là-bas.

Et qui, sauf le vol du linot, je le sais,

Ne connaît pas de rude attouchement.

Etait le mien , jusqu'à ce que l'amour eût passé sur moi

Et m'eût flétri dans ma fleur ; Et maintenant, sous son souffle desséchant ,

Il consume ma jeunesse et ma joie.

Llalouette éveillée s'élance en gazouillant,

Et monte au ciel matinal, Secouant, joyeuse, ses ailes couvertes de rosée

Sous l'œil vermeil du matin ; Je faisais aussi peu d'attention au pouvoir de la douleur,

Jusqu'à ce que le piège fleuri De l'amour ensorcelant, dans une heure malencontreuse ,

M'eût fait l'esclave du souci.

Oh 1 si mon lot eût été les neiges du Groenland ,

Ou la zone brûlante de l'Afrique, L'homme et la nature ligués contre moi ,

Du moins je n'aurais jamais connu Peggy !

Quelle langue peut dire les douleurs du malheureux

Dont la sentence est « N'espère plus, »

Dans le sein duquel le désespoir

Est l'Esprit le plus bienveillant qui y habite ?

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