COMPOSÉ EN AOUT
Voici que les vents d'ouest et les fusils meurtriers Amènent l'agrésble temps de l'automne ;
il 8 P0ÉS1£S DS BVRNS.
Le coq part, sur ses ailes frémissimtQ»,
De la bruyère en fleur ; Voici que le grain ondoyant au loin 9W U plains
Réjouit le fermier fatigué ; Et la lune luit brilUote , quand je rôde la miil
Pour rêver à mon enchanteresse.
La perdrix aime les plaines fertiles ,
Le pluvier aime les montagnes, La bécasse hante les vallons solitaires,
Le héron , au vol hardi , les fontaines ; Le ramier rôde dans les bois élevés ,
Evitant les sentiers de l'homme; Le noisetier cache la grive,
L'épine s'étend sur le linot.
Ainsi chaque espèce trouve son plaisir,
La féroce et la tendre; Les uns se réunissent en société ^ et te ligi^Wl eiaeiobte;
D'autres vont solitaires ; Arrière, arrière, l'empire cruel,
La domination tyrannique de Thomme; La joie du chasseur, le cri meurtrier,
L'aile éperdue et sanglante 1
Mais, chère Peggy, le soir est clair,
Les hirondelles qui effleurent la terre volent 9a foule; Le ciel est bleu, les champs sont en vue, i
Perdant leur couleur verte et j^aunissant :
Viens , égarons nos pas joyeux
Et contemplons les charmes de la nature ; Le blé frémissant, l'épine chargée de fruits,
Et chaque créature heureuse.
Nous marcherons lentement, et causerons doucement.
Jusqu'à ce que la lune silencieuse brille clairement; J'entourerai ta taille, et, la pressant avec pusioA,
Je te jurerai que je t'aime bien tendreioeAt : Ni les ondées du printemps aux boutons de fleurs,
Ni l'automne au fermier.
Ne peuvent être aussi chères que tu me l'es.
Ma belle, ma charmante enchanteresse.
tXXXVH.
Ohl il était beau, •cet églantier couvert de roses Qui fleurissait si loin de la demeure d0 l
Et Elle aussi , elle était belle , et , Dieu 1 combien chère 1 Le soir, l'ombrage de l'églantier garantissait du soleil.
Ces boutons de rose là-bas, dans la rosée du matin, Gomme ils sont purs entre les feuilles si vertes 1
Mais plu» pulps étaient ies voeuk de Tamant Dont hier fut témoin leur ombrage.
Au fond de son berceau hérissé de piquant», Cette rose rouge , qu'elle eit charmante et Mie !
Mais l'amour est une tleur bien plus cbartnante Dans le sentier épineux de la vie.
Que le désert non ftttyé , et le ruisseau qui serpenté ,
Avec Chloris dans mes bras , soient à moi , Et je n'envierai ni ne mépriserai le monde ;
J'abjure également ses joies et ses chagrins.
Lxxxvm.