LORD GREGORY
sombre, sombre est cette heure de la nuit, £t bruyant est le rugissement de la tesEipéte ;
Une malheureuse errante frappe à ta tour, Lord Gregory, ouvre ta porte.
Une exilée du château de son père,
Et cela par amour pour toi ; Au moins montre-moi quelque pitié,
Si ce ne peut être de l'amour.
Lord Gregory, ne te souvient-il plus du bois
Au bord du bel Irwine, v
Où je fis le premier aveu de cet amour virginal Que long-temps, long-temps j'avais nié?
Que de fois tu promis et juras
Que tu serais à moi pour toii^ours \ Et mon tendre cœur, lui-même si vrai ,
11 ne se méfia jamais du tien.
Dur est ton cœur, lord Gregory,
Et de pierre est ton sein :
Ô toi, dard du ciel qui étincèles à mon côté,
Ohl veux-tu me donner Je repos.
Et vous, tonnerres, qui vous rassemblez de là-haut,
Voyez votre victime docile I Mais épargnez mon perfide amant, et pardonnez-lui
Ses torts envers le ciel et moi 1
Oh! moti amour est comn\e la rose rouge, rouge, Qui est nouvellement éclose en juin.
Oh I mon amour est comme la mélodie Qui est harmonieusenlent chantée en partie.
Autant tu es jolie, ma toute belle.
Autant je suis amoureui ;
i38 POESIES DE BURNS.
£t je continuerai de t* aimer, ma chère , Jusqu'à ce que les mers soient à sec.
Jusqu'à ce que les mers soient à sec, ma chère. Et que les rochers fondent au soleil :
Je continuerai de t'aimer, ma chère, Tant que coulera le sable de la vie.
Et adieu, mon seul amour!
Et adieu pour quelque temps I Et je reviendrai , mon amour,
Quand je serais à dix mille lieues.
Oh ! j'ai une fois aimé une jolie fille,
Oui , et je l'aime toujours , Et tant que l'honneur échauffera mon sein
J'aimerai ma jolie Nell.
Tra la la, etc.
J'ai vu d'aussi jolies filles,
Et plusieurs tout aussi belles ; Mais pour la mine modeste et gracieuse ,
Je n'ai jamais vu sa pareille.
Une jolie fille, je le confesse.
Est agréable à l'œil.
Mais sans ceï*taines qualités meilleures
Elle n'est rien pour moi.
Mais les regards de Nelly sont enjoués et doux ,
Et, ce qui vaut mieux que tout, Sa réputation est parfaite
Et sans la moindre tache.
Sa mise est toujours si propre et si élégante,
A la fois décente et distinguée :
Et puis il y a quelque chose dans sa démarche
Qui fait que tout lui va bien.
Une toilette brillante et un air distingué* Peuvent légèrement toucher le cœur,
Mais c'est rinnocence et la modestie Qui polissent le dard.
POESIES DE BURKS. 229
C'est là ce qui me plait dans Nelly, C'est ià ce qui enchante mon' âme ;
Car elle règne dans mon sein Absolument et sans contrôle.
Tra la la, etc.