A UNE DAME
Oh I si tu étais en butte au froid ouragan,
Sur la prairie là-bas, sur la prairie là-bas, Opposant mon plaid à son courroux ,
Je t'abriterais, je t'abriterais; On si les cruelles tempêtes de l'infortune
Soufflaient autour de toi , soufflaient autour de toi , Mon sein serait ton asile,
Et pour toi seule, et pour toi seule.
Ou si j'étais dans le lieu le plus sauvage ,
Le plus sombre et le plus nu, le plus sombre et le plus nu , Ce désert serait un paradis
Si tu y étais , si tu y étais ; Ou si j'étais monarque de ce globe.
Régnant avec toi , régnant avec toi , Le plus brillant joyau de ma couronne
Ce serait ma reine , ce serait ma reine.
Sur les bords du Gessnock vit une tille;
Si je pouvais décrire sa tournure et sa mine, Sa gracieuse figure de prospérité
Et la vivacité de ses yeux étincelants :
Elle est plus fraîche que l'aube matinale Quand Phébus qui se lève commence à paraître,
Quand les gouttes de rosée brillent sur la plaine ; Et elle a deux yeux perçants et étincelants.
Sa taille est comme celle du jeune frêne Qui croit entre les coteaux de primevères,
Et dresse sa tête au-dessus de tous les buissons ; Et elle a deux yeux perçants et étincelants.
Elle est sans tache comme l'épine fleurissante Aux fleurs si blanches et aux feuilles si vertes ,
Lorsqu'elle est le plus pure dans la rosée du matin ; Et elle a deux yeux perçants et étincelants.
m P0£SiB8 m hVMS.
Elle ressemble à l'agneau folâtre
Qui, lorsque mai en fleurs décore la scène, Joue autour de sa mère qui b41e ;
Et elle a deux yeux perçants et étincelants.
Ses cheveux sont comme la brime onduleuse Qui le soyr ombrage le flanc de la montagne,
Quand sont passées les pluie» qui nwiisettt \% fleur; Et elle a deux yeux perçant» et itincelaat*.
Son front est comme Tare pluvieux
Quand les rayons brillants du soleil interviennent ^ Et dorent le sopimet du mont lointain ;
Et elle a deux yeux perçants et étincelapts.
Sa voix est comme la grive qui le soir
Chante invisible sur les bords du Gessnock , Tandis que sa compagne est sur le nid dans le buisson ;
Bt elle a deux yeux perçants et étincelants.
Ses lèvres sont comme les cerises mûres
Que les murailles exposées au soleil garaatiMe»i de Borée, Elles tentent le goût et charment la voe;
Et elle a deux yeux perçvil» el étinoeUaits.
Ses dents sont comme un troupeau de moutons
Aux toisons fraîchement lavées, Qui montent lentement la hauteur escarpée ;
Et elle a deux yeux perçants et étincelants.
Son haleine est comme la brise odorante
Qui agite doucement la fève en fleurs, Quand Phébus s'abaisse derrière le» mare;
Et elle a deux ytra perQsnta et étincelao^..
Mais ce n'est pas son air^ ^ tournure > son visage f Quoique égalant la fabuleuse reine de la beauté ^
C'est l'âme qui brille dan» (dtaque grâce , Et surtout daa» 9Wk m\ ^melmi \
FRAGMENT
Une nuit que j'irai»,
Quand le blé eoBu»eDG« à percer, Je m'assis pour réflécliir,
POÉSIES DE BtnmS. 243
Sur une vieille racine d'arbre :
Le vieil Ayr coulait devant moi
Et courait vers les mers; Un ramier roucoulait au-dessus de moi ,
Eveillant Técho des collines.
Par-dessus, le Forth je regarde le nord ,
Mais qu'est-ce que le nord et ses hautes-terres pour moi^ Ni le sud ni l'est ne soulagent mon c<eur, [vAge.]
Ni la terre étrangère et lointaine, ni la mer au roulement sau-
Mais je regarde l'ouest, quand je vais reposer, Afin que mes rôves et mon sommeil soient heufeut ;
Car loin dans l'ouest vit celui que j'aime le mieux, Le garçon qui est cher à mon petit enfant et à moi.
CXXÏI.
Puissances célestes dont la protection
Veille toujours sur la beauté vertueuse , Tandis que j'erre en de lointains climats
Prenez soin de ma Mary :
Que sa forme si belle et si parfaite ,
Belle et parfaite comme la vôtre , .Que son esprit de même essence
Attirent votre plut bénigne influencel
Rendez les vents que vous amenef autoor d'elle
Doux et paisibles comme son sein; Soufflant dans la brise qui l'éventé,
Versez à son cœur le calme et le repes :
Anges gardiens , oh I protégez-la
Tandis que je parcours des terres lointaines ; Pendant que le sort m'exile en des royaumes inconnus,
Faites que j'habite toujours dans son coeur !
24i POÉSIES DE BURNS.
Les vents furieux autour d'elle soufflant ,
Les feuilles jaunes jonchant les bois ,
Près d'une rivière au rauque rugissement ,
Isabella errait se lamentant.
« Adieu , heures qui naguère mesuriez
Des jours lumineux de joie et de plaisir ;
Salut, sombre nuit de chagrin,
Nuit lugubre qui ne connaît pas de lendemain !
» Revenant avec trop d'amour vers le passé , Réfléchissant à l'avenir sans espoir, La froide affliction glace le sang de ma vie, Le cruel désespoir s'empare de mon esprit.
vie, source de tout bonheur, Fardeau le plus pénible pour la misère, Oh 1 avec quelle joie je t'abandonnerais Et te rendrais au noir oubli ! »