‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 146 sur 224 · RESTEZ, MON ENCHANTERESSE · texte numérisé non relu

RESTEZ, MON ENCHANTERESSE

Restez, mon enchanteresse, pouvez-vous me quitter? Cruelle, cruelle de me tromf>erl

Vous savez bien toute la peine que vous me faites ; Cruelle enchanteresse, pouvez- vous partir? • Cruelle enchanteresse, pouvez-vous partir?

Par mon amour si mal récompensé ,

Par votre foi tendrement jurée ,

Par les tortures de l'amour dédaigné ,

Oh 1 non , ne me quittez pas ainsi t

Ohl non, ne me quittez pas ainsi !

LE CHATEAU DE CfORDON.

Les rivières qui coulent dans les plaines orientales , Toujours libres des chaînes de Thivcr, Brillant ici sur des sables d'or, Là souillées de taches impures Par les bandes empourprées de la tyrannie ; Elles , et leurs vagues resplendissantes , Je les laisse aux tyrans et à leurs esclaves : Donnez»moi la rivière qui baigne agréablement Les rives près du château de Gordon.

Les forêts aromatiques , toujours gaies , Abritant des rayons brûlants Les pauvres infortunés vendus pour travailler, Ou les pas de l'impitoyable colon Tout entier au meurtre , au sang et au butin ; Les bois qui ondoient toujours verdoyants.

Je les laisse au tyran et à l'esclave ; Donnez-moi ceux qui bravent fièrement Les tempêtes près du ch&teau de Gordon.

Indépendante ici et sans contrôle, La Nature règne et règle tout ; Dans cette humeur pensive et tempérée Que préfère l'âme sensible, Elle plante la forêt , verse le tlot :

Mon pauvre jour de vie , je le passerai à rêver follement ; Et la nuit, je trouverai l'abri d'un antre.

Là où coulent des eaux et ondoient des bois sauvages, Près du beau château de Gordon.

tse POÉSIES DE BUBNS.

CXXXH.

Le Soir tombe avec charme sur Grai^ie-BwA,

Et le Matin s'y éveille joy«ux; Mais tout Torgueil du Printempt de rekmr

Me peut m'apporter que cbi^n.

Je vois les fleurs et les arbres qui se déploient, J'entends les oiseaux qui chantent en liberté ;

Mats quelle chose peut plaire à un homme excédé , Et dont le sein est rongé de souci* ?

Oh ! je voudrais tant vous confier mes peines , Mais j*ai trop peur de votre courroux ;

Pourtant ce secret amour brisera mon cœur, Si je le cache plus long-temps.

Si tu me refuses ta pitié,

Si tu dois en 'aimer un autre ; Quand ces feuilles vertes tomberont de Varbi^,

Elles se sécheront autour de mon tombeau.

LES GOTBAVX Dl BALLOGHMTLI.

Les bois de Gatrine devenaient jaunes ^

Les fleurs se fanaient sUr la prUine de Gatrine y Pas une alouette ne chantait snr la verte colline ,

Mais la nature prenait un air melnde.

Dans les bocages flétris Méria chantait ,

Elle-même alors dans la fleur de la beauté, Et toujours les échos du bois répétaient :

Adieu les coteaux de Ballochmyle.

Gouchées dans vos lits d'hiver, ô fleurs,

Vous renaîtrez fraîches et belles ; Et vous , oiseaux nnets dans les bocages qui se dépouiltent ,

Votre voix retrouvera son charme.

Mais ici , hélM 1 pour moi désormais

L'oiseau sera sans charme, et la fleur sans soiiHfe. Adieu les belles rives d'Ayr,

Adieu, adieu, charmant Ballochmyle 1

POESIBS DE BURNS. 154

Le jour revient, — mon sefn brûle, — •

Ce jour bienheureux où nous nous reneontrâmes tous deta; Quoique l'hiver farouche déchaînât la tempête

Jamais soleil d'été ne fut à moitié si doux.

Plus que tout le faste qui charge la mer.

Et traverse la ligne brWante ; Plus que les robes des rois , les couronnes et Igs globes^

Le ciel me donna plus, il te donna à moi.

Tant que le jour et la nuit potMTont offirlr trae jouissance,

Ou la nature donner quelque phtisir ; Tant que les joies d'en haut pourront toucher mon àme,

Pour toi , et pour toi seule , je vivrai \ Quand ce hideux ennemi de la vie (ficî-bas

Viendra entre nous pour nous séparer, La main de fer qui brisera notre Hen,

Brisera mon bonheur — brisera mon ccBur.

Dans une rémiton de ses confrères de l^eeise à BumMe»; Burns, è qui on demandait une chansen, remit an pvMAent cm ten iiii« promptu écrits sur le dos d'une lettre.

Le Diable vint ftàner par la ville ,

Et fit sauter le pas à l'employé de l'accise ; Et chaque femme mariée s'écria : a Vieux ^ahoun ♦, [rhomme.}

Nous souhaitons que vous vous trouviez bien de votre prise^

» Nous ferons notre ^èebe, et nous brasserons notre botssoD^ Nous danserons, et chanterons, et nous réjouiren», I'Ikhhm^

Et mille remerclments au grand diable noir Qui a fait sauter le pas à l'employé de l'accise.

» Il y a des réels à trois ai dea reela «t quatre , il y a des hornpipes et des strathspeys, l'homme ;

Mais le meilleur de tous les pas importés dans notre pays, C'est celui que 1» diitble fit sauter à l'employé de T accise i Nous ferons, » etc.

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