‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 160 sur 224 · LA PELOUSE · texte numérisé non relu

LA PELOUSE

Quand sur la montagne l'étoile orientale

Annonce qu'il est temps de rassembler les troupeaux, ma belle, Et que les bœufs, du champ sillonné,

Reviennent énervés et harassés , oh I Le long du ruisseau , où les bouleaux odorants

Sont tout brillants de rosée, ma belle.

J'irais à ta rencontre sur la pelouse,

Ma tendre chérie , oh I

pans le plus sombre vallon, à l'heure de minuit, Je passerais sans avoir peur, oh l

2Yd POÉSIES Î>È BUftNS.

Si ce valloh me conduisait à toi ,

Ma tendre chérie j oh 1 La nuit aurait beau être des p\\xn mauvaise» ,

Et moi des jplus fotigués, ob I J'irais à ta rencontre sur la pelouse,

Ma tendre chérie , oh !

té chasseur aimé le soleil du matin,

t^ur éveiller le daim de la montagne, ma bailler ; A midi le pécheur cherche le vallon ,

Pour suivre le cours du ruisseau , ma belle ; Donnez-moi l'heure de l'ombre grise ,

Cela rend mon cœur si joyeux , oh l D'aller à ta rencontre sur la |)eloilse,

Ma tendre chérie , oh 1

Quand l'ouragan mortel de la guerre farouche eut cessé de souffler,

Et que revint la douce paix , Que maint cher petit enfant fut sans pèt'é ,

Et mainte veuve en deuil , Je quittai les lignes et le champ couVéirt dé tentés,

Où long-temps j'avais logé , Mon humble havresac pour toute richesse,

Pauvre et honnête soldat.

Dans mon sein était un cœur loyal et léger,

Ma main était pure de pilteie , i

Et, retournant dans ma belle Ecosse,

J'allais gaiement en avant.

Je songeais aux collines de Go1[l ,

Je songeais à ma Nancy, Je songeais au séduisant Soiifire

Qui captiva ma jeune fiintaisie.

Enfin j'atteignis le beau vallon

Qui vit les jeux de mes premiers ans ♦, Je passai le moulin et l'épine, lieu de tendeis-votis

Où je fis souvent la cour è Nancy :

Qui aperçus-je, si ce n'est cette chère fille

Près de la demeure de sa mère l Et je me détournai pour catiheir le flot «

Qui s'enflait dans mes yeux.

POESIES Dfi BURKS. t7l

D'une voix altérée je dis : Charmante fille ,

Charmante comme les fleurs de cette aubépine , Oh 1 heureux , heureux celui

Qui est le plus cher à ton cœur 1 Ma bourse est légère, j'ai loin à aller,.

Et je voudrais bieft loge** chez toi ; J'ai servi long-temps mon roi et mou pays,

Prendt pitié d'un seldut.

Alors elle me regarda attentivement ^

Et elle était encore plus adorable ; Et elle me dit : J'ai aimé jadis un soldat,

Je ne l'oublierai jamais ; Vous partagerez en llbeHé

Notre humble cabane et notre thàigre chère ; Ce noWe signe , là chéré cocartië ,

Vous êtes le bienvenu pour l'amour d'elle.

Elle regarda — elle rougit comme une rose —

Et puis, pâle comme un lis, Elle tomba dans mes bras , et s'écria :

Es-tu mon cher Willie ?

Par celui qui fit le soleil et le ciel ,

Et qui estime le véritable amour, Je suis Willie, et puissent toujours ainsi

Les amants sincères être récompensés J

Les guerres sont finies ) «t je mis de retour,

Et je retrouve ton cœur toujours sindère ; Quoique pauvrM d'argent, nous scmimel riohes d'Ainéur,

Et nous ne nous séparerons plus.

Elle dit : Mon grand-père m'a laissé de l'or,

Une ferme abondamment remplie ; Et viens, mon fidèle soldat,

Tu y seras le bienvenu l

Pour l'or, le négociant sillonne la mer,

Le fermier laboure la terre ; Mais la gloire est le butin du soldat ;

La richesse du soldat, c'est l'honneur ; Ne méprisez jamais le brave et pauvre soldat,

Ne le comptez pas pour un étranger, Rappelez-vous qu'il est l'appui de son pays

Au jour et à l'heure du danger.

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