PHIL1S LA BELLE
Lorsque les alouettes de leur petite aile
Agitaient l'air pur, Pour respirer le printemps embaumé
J'allai dehors; L'œil d'or du gai soleil
174 POISÏÉS DE BUBNS.
Reganlait p«r-éessuê les hautes montagnes :
Tel ton matin, m'écrial-je, Philis la belle.
Dans la chanson insouciante de chaque oiseau^
Je fis gaiement ma partie Tandis que parmi ces fleurs sauvages
Le hasard me conduisait là-bas ; Suaves au lever du jour,
Les boutons de rose courbaient leurs branches chargées de rosée : Telle ta fraîcheur, dis-je,
Philis la belle.
Dans une allée à Tombre,
Des tourterelles roucoulaient; J'aperçus le cruel éper>'ier
Pris dans un piège :
Ainsi puisse la Fortune l'être propice , Et réserver une pareille destinée A celui qui voudrait te nuire,
Philis la belle !
FRAGMEIfT.
Pourquoi , pourquoi dire à ton amant
Qu'il ne doit jamais être heureux ?
Pourquoi , pourquoi le détromper,
Et donner un démenti à toutes ses éspéirancës ^
Oh! pourquoi, lorsque l'imagination est dans l'extase du sommeil,
Et que Ghloris, Ghloris en est le seul objet. Pourquoi, pourquoi vouloir, cruelle.
Eveiller ton amant de son rêve ?
UNE FEMME COMME CELLE DE WiLLtfi.
Willie Wastle demeurait près de la Tweed ; L'endroit, on l'appelait Linkumdoddie :
POÉSIES DE WKm. 27>
Willie était un bon tisserand ,
Qui pouvait voler un peloton de fil comme n'importe qui ; Il avait une femme qui était acariâtre et jaune ,
Et dont la mère était Tinkler Madgie.
Une femme comme celle de Madgie , Je n'en donnerais pas un bouton.
Elle a un œil , elle n'en a qu'un ,
Le chat en a deux de la môme couleur ; Cinq dents couleur de rouille, outr^ un chicot,
Un claquet de langue à assourdir un meumer, Une longue barbe autovur de la bouche,
Son nez et son menton s^ ntôi^cent.
Une femme comme, etc.
Elle a les cuisses creuses , elle a les jambes arquées ;
Elle en a une qui cloche plus courte d'une largeur de main ; Elle est tordue à droite, elte est tordu9 à gauche,
Pour faire équilibre de chaque c^té ; Elle a une bosse sur la poitrine,
La pareille de celle qui est sur son épaule.
Une femme comme, etc.
Le vieux chat est assis au coin du feu ,
Et avec le dedans de sa patte il se nettoie la figure ;
Mais la femme de Willie n'est pas si propre, Elle se nettoie le museau avec un bas sans pied ;
Ses gros poings sont comme des paniers à ordures, Sa face salirait l'eau du Logan.
Une femme comme celle de Willie, Je n'en donnerais pas un boutofi.
A MARr.
Voulez-vous aller aux Indes , ma Mary, Et quitter la rive de la vieille Ecosse ?
Voulez-vous aller aux Indes , ma Mary, A travers le rugissement de l'Atlantique ?
Dh 1 suaves croissent le limoil et l'orange ,
Et le fruit de l'ananas ; Mais tous les charmes des Indes
Ne sauraient égaler les tiens.
J'ai juré par les cieux à ma Mary, J'ai juré par les cieux d'être sincère;
£t ainsi puissent les cieux m'oublier, Quand j'oublierai mon serment 1
Oh 1 engagez-moi votre foi , ma Mary,
Et engagez-moi votre main blanche comme un lis; Oh l engagez-moi votre foi, ma Mary,
j^vant que je quitte la grève de T Ecosse.
Nous nous sommes donné notre parole , ma Mary, D'être unis par une affection mutuelle;
Et maudite soit la cause de notre séparation^. Maudits soient l'heure et le moment 1
Veux-tu être ma chérie?
Quand le chagrin torturera ton tendre cœur,
Veux-tu me laisser un peu t' égayer?
Par le trésor de mon âme ,
C'est là l'amour que je te porte 1
Je fais vœu et serment que toi seule
A jamais seras ma chéria;
Toi seule, j'en fais vœu et serment,
Seras à jamais ma éhérie.
Chère belle, dis que tu m'aimes;
Ou , si tu ne veux pas être h moi ,
Ne dis pas que tu me refuseras :
Si cela ne doit pas , si cela ne peut pas être ,
Que tu veuilles de moi pour amant ;
Laisse-moi , chère belle , mourir promptement
Dans la confiance que tu m'aimes ;
Chère belle , laisse-moi mourir promptement
Dans la confiance que tu m'aimes.