‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 163 sur 224 · PHIL1S LA BELLE · texte numérisé non relu

PHIL1S LA BELLE

Lorsque les alouettes de leur petite aile

Agitaient l'air pur, Pour respirer le printemps embaumé

J'allai dehors; L'œil d'or du gai soleil

174 POISÏÉS DE BUBNS.

Reganlait p«r-éessuê les hautes montagnes :

Tel ton matin, m'écrial-je, Philis la belle.

Dans la chanson insouciante de chaque oiseau^

Je fis gaiement ma partie Tandis que parmi ces fleurs sauvages

Le hasard me conduisait là-bas ; Suaves au lever du jour,

Les boutons de rose courbaient leurs branches chargées de rosée : Telle ta fraîcheur, dis-je,

Philis la belle.

Dans une allée à Tombre,

Des tourterelles roucoulaient; J'aperçus le cruel éper>'ier

Pris dans un piège :

Ainsi puisse la Fortune l'être propice , Et réserver une pareille destinée A celui qui voudrait te nuire,

Philis la belle !

FRAGMEIfT.

Pourquoi , pourquoi dire à ton amant

Qu'il ne doit jamais être heureux ?

Pourquoi , pourquoi le détromper,

Et donner un démenti à toutes ses éspéirancës ^

Oh! pourquoi, lorsque l'imagination est dans l'extase du sommeil,

Et que Ghloris, Ghloris en est le seul objet. Pourquoi, pourquoi vouloir, cruelle.

Eveiller ton amant de son rêve ?

UNE FEMME COMME CELLE DE WiLLtfi.

Willie Wastle demeurait près de la Tweed ; L'endroit, on l'appelait Linkumdoddie :

POÉSIES DE WKm. 27>

Willie était un bon tisserand ,

Qui pouvait voler un peloton de fil comme n'importe qui ; Il avait une femme qui était acariâtre et jaune ,

Et dont la mère était Tinkler Madgie.

Une femme comme celle de Madgie , Je n'en donnerais pas un bouton.

Elle a un œil , elle n'en a qu'un ,

Le chat en a deux de la môme couleur ; Cinq dents couleur de rouille, outr^ un chicot,

Un claquet de langue à assourdir un meumer, Une longue barbe autovur de la bouche,

Son nez et son menton s^ ntôi^cent.

Une femme comme, etc.

Elle a les cuisses creuses , elle a les jambes arquées ;

Elle en a une qui cloche plus courte d'une largeur de main ; Elle est tordue à droite, elte est tordu9 à gauche,

Pour faire équilibre de chaque c^té ; Elle a une bosse sur la poitrine,

La pareille de celle qui est sur son épaule.

Une femme comme, etc.

Le vieux chat est assis au coin du feu ,

Et avec le dedans de sa patte il se nettoie la figure ;

Mais la femme de Willie n'est pas si propre, Elle se nettoie le museau avec un bas sans pied ;

Ses gros poings sont comme des paniers à ordures, Sa face salirait l'eau du Logan.

Une femme comme celle de Willie, Je n'en donnerais pas un boutofi.

A MARr.

Voulez-vous aller aux Indes , ma Mary, Et quitter la rive de la vieille Ecosse ?

Voulez-vous aller aux Indes , ma Mary, A travers le rugissement de l'Atlantique ?

Dh 1 suaves croissent le limoil et l'orange ,

Et le fruit de l'ananas ; Mais tous les charmes des Indes

Ne sauraient égaler les tiens.

J'ai juré par les cieux à ma Mary, J'ai juré par les cieux d'être sincère;

£t ainsi puissent les cieux m'oublier, Quand j'oublierai mon serment 1

Oh 1 engagez-moi votre foi , ma Mary,

Et engagez-moi votre main blanche comme un lis; Oh l engagez-moi votre foi, ma Mary,

j^vant que je quitte la grève de T Ecosse.

Nous nous sommes donné notre parole , ma Mary, D'être unis par une affection mutuelle;

Et maudite soit la cause de notre séparation^. Maudits soient l'heure et le moment 1

Veux-tu être ma chérie?

Quand le chagrin torturera ton tendre cœur,

Veux-tu me laisser un peu t' égayer?

Par le trésor de mon âme ,

C'est là l'amour que je te porte 1

Je fais vœu et serment que toi seule

A jamais seras ma chéria;

Toi seule, j'en fais vœu et serment,

Seras à jamais ma éhérie.

Chère belle, dis que tu m'aimes;

Ou , si tu ne veux pas être h moi ,

Ne dis pas que tu me refuseras :

Si cela ne doit pas , si cela ne peut pas être ,

Que tu veuilles de moi pour amant ;

Laisse-moi , chère belle , mourir promptement

Dans la confiance que tu m'aimes ;

Chère belle , laisse-moi mourir promptement

Dans la confiance que tu m'aimes.

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