‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 166 sur 224 · PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE · texte numérisé non relu

PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE

Illustres galants, je vous donne un bon conseil ,

Prenez garde à la jolie Anne ; Sa figure avenante est si pleine de grâce,

Qu'elle vous attrapera le cœur.

Son œil si brillant est comme les étoiles dans la nuit ,

Sa peau est comme le cygne ; Sa taille élégante est si mince dans son corsage,

Qu'aisément elle tiendrait dans vos deux mains.

La jeunesse, la grâce et l'amour marchent à sa suite,

Et le plaisir mène l'avant-garde ; Dans tous leurs charmes, et sous leurs firpies victorieuses,

Ils accompagnent la jolie Anne.

Les liens du captif peuvent enchaîner les mains ,

Mais l'amour asservit l'homme ; Beaux galants, je vous avertis tous.

Prenez garde à la jolie Anne.

CLXXVIÎ.

Ëier j'avais une pinte de vin,

Un endroit où personne ne me voyait ; Hier reposaient sur mon sein

Les boucles dorées d'Anna.

POÉSIES DE BtJËNS. ^78

Le Juif affamé dans le désert,

Se régalant de la manne, N'était rien auprès de moi savourant le miel

Sur les lèvres d'Anna.

monarques, prenez l'orieiit et l'occident ,

De r Indus à Savannah !

Et laissez-moi étreindre dans mes bras

Le corps flexible d'Anna.

Alors je dédaignerai les charmes impériaux ,

Impératrice ou sultane , Lorsque, donnant et recevant à la fois ,

Je mourrai d'ivresse dans les bras d'Anna.

Fuis , dieu pimpant du jour I

Fuis , pâle Diane 1 Vous toutes, étoiles, allez cacher vos rayons étincelants,

Quand je vais au rendez-vous de mon Anna.

Viens, ô nuit; dans ton plumage de corbeau, Le soleil , la lune et les étoiles tous éloignés ; Et apporte une plume d'ange pour écrire

Mes transports avec mon Anna.

- CLXXVIIL

Ces monts sauvages et mousâus si hauts et di vastes , Qui nourrissent dans leur sein la jeunesse de la Glyde , Où les coqs mènent leur couvée se repaître dans la bruyère , Et où le bierger garde son troupeau en soufllànt dans son anche ; Où les coqs, etc.

Ni la riche vallée deGowrey,ni les rives du Forth,exposées au soleil, N'ont pour moi les charmes de ces landes sauvages et moussues ; Car là, près d'un clair ruisseau, solitaire, écarté. Réside une douce fille, ma pensée et mon rêve.

Je reviendrai toujours sur ces monts sauvages , Où chaque ruisseau se fraie , écumeux, son vert et étroit passage ; Car là, avec ma chère belle, j'erre tout le jour, [mour.]

Tandis que sur nous, inaperçues, volent les rapides heures de l'a-

Elle n'est pas la pluà belle , quoiqu'elle soit belle ; Elle n'a pas eu en partage une éducation bien raffinée ; Sa parenté est humble autant qu'elle peut l'être ; Mais j'aime la chère fille parce qu'elle m'aime.

Quel homme ne doit céder à la beauté

Dans son armure d'oeillades , et de rougeurs , et de soupirs î

Et quand l'esprit et l'élégance ont poli ses dards,

Us éblouissent nos yeux, en volant à nos cœurs I

Mais la bienveillance , la douce bienveillance dans l'œil étincelant A un éclat qui pour moi surpasse le diamant ; [de tendresse,]

Et le cœur palpitant d'amour, quand elle me serre dans ses bras, Oh 1 voilà les charmes irrésistibles de ma chère belle 1

. LE JEUNE JOCKET.

Le jeune Jockey était le plus joyeux garçon

De toute notre ville et au delà; Il sifQait gaiement à la charrue,

11 dansait légèrement dans la salle I Il vantait mes yeux d'un si beau bleu ,

11 vantait ma taille si souple et si mince, Et toujours mon cœur venait sur mes lèvres ,

Quand personne ne nous entendait ni ne nous voyait.

Mon Jockey travaille dans la plaine,

Par le vent et la pluie , par la gelée et la neige ; Et je regarde avec bien de la joie le pâturage ,

Quand les bœufs de Jockey s'en reviennent.

Et de nouveau reparaît la nuit,

Et il me prend tout entière dans ses bras , Et de nouveau il jure qu'il sera à moi

Aussi long-temps qu'il respirera.

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