PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE
Illustres galants, je vous donne un bon conseil ,
Prenez garde à la jolie Anne ; Sa figure avenante est si pleine de grâce,
Qu'elle vous attrapera le cœur.
Son œil si brillant est comme les étoiles dans la nuit ,
Sa peau est comme le cygne ; Sa taille élégante est si mince dans son corsage,
Qu'aisément elle tiendrait dans vos deux mains.
La jeunesse, la grâce et l'amour marchent à sa suite,
Et le plaisir mène l'avant-garde ; Dans tous leurs charmes, et sous leurs firpies victorieuses,
Ils accompagnent la jolie Anne.
Les liens du captif peuvent enchaîner les mains ,
Mais l'amour asservit l'homme ; Beaux galants, je vous avertis tous.
Prenez garde à la jolie Anne.
CLXXVIÎ.
Ëier j'avais une pinte de vin,
Un endroit où personne ne me voyait ; Hier reposaient sur mon sein
Les boucles dorées d'Anna.
POÉSIES DE BtJËNS. ^78
Le Juif affamé dans le désert,
Se régalant de la manne, N'était rien auprès de moi savourant le miel
Sur les lèvres d'Anna.
monarques, prenez l'orieiit et l'occident ,
De r Indus à Savannah !
Et laissez-moi étreindre dans mes bras
Le corps flexible d'Anna.
Alors je dédaignerai les charmes impériaux ,
Impératrice ou sultane , Lorsque, donnant et recevant à la fois ,
Je mourrai d'ivresse dans les bras d'Anna.
Fuis , dieu pimpant du jour I
Fuis , pâle Diane 1 Vous toutes, étoiles, allez cacher vos rayons étincelants,
Quand je vais au rendez-vous de mon Anna.
Viens, ô nuit; dans ton plumage de corbeau, Le soleil , la lune et les étoiles tous éloignés ; Et apporte une plume d'ange pour écrire
Mes transports avec mon Anna.
- CLXXVIIL
Ces monts sauvages et mousâus si hauts et di vastes , Qui nourrissent dans leur sein la jeunesse de la Glyde , Où les coqs mènent leur couvée se repaître dans la bruyère , Et où le bierger garde son troupeau en soufllànt dans son anche ; Où les coqs, etc.
Ni la riche vallée deGowrey,ni les rives du Forth,exposées au soleil, N'ont pour moi les charmes de ces landes sauvages et moussues ; Car là, près d'un clair ruisseau, solitaire, écarté. Réside une douce fille, ma pensée et mon rêve.
Je reviendrai toujours sur ces monts sauvages , Où chaque ruisseau se fraie , écumeux, son vert et étroit passage ; Car là, avec ma chère belle, j'erre tout le jour, [mour.]
Tandis que sur nous, inaperçues, volent les rapides heures de l'a-
Elle n'est pas la pluà belle , quoiqu'elle soit belle ; Elle n'a pas eu en partage une éducation bien raffinée ; Sa parenté est humble autant qu'elle peut l'être ; Mais j'aime la chère fille parce qu'elle m'aime.
Quel homme ne doit céder à la beauté
Dans son armure d'oeillades , et de rougeurs , et de soupirs î
Et quand l'esprit et l'élégance ont poli ses dards,
Us éblouissent nos yeux, en volant à nos cœurs I
Mais la bienveillance , la douce bienveillance dans l'œil étincelant A un éclat qui pour moi surpasse le diamant ; [de tendresse,]
Et le cœur palpitant d'amour, quand elle me serre dans ses bras, Oh 1 voilà les charmes irrésistibles de ma chère belle 1
. LE JEUNE JOCKET.
Le jeune Jockey était le plus joyeux garçon
De toute notre ville et au delà; Il sifQait gaiement à la charrue,
11 dansait légèrement dans la salle I Il vantait mes yeux d'un si beau bleu ,
11 vantait ma taille si souple et si mince, Et toujours mon cœur venait sur mes lèvres ,
Quand personne ne nous entendait ni ne nous voyait.
Mon Jockey travaille dans la plaine,
Par le vent et la pluie , par la gelée et la neige ; Et je regarde avec bien de la joie le pâturage ,
Quand les bœufs de Jockey s'en reviennent.
Et de nouveau reparaît la nuit,
Et il me prend tout entière dans ses bras , Et de nouveau il jure qu'il sera à moi
Aussi long-temps qu'il respirera.