‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 167 sur 224 · LA JEUNE PEGGY · texte numérisé non relu

LA JEUNE PEGGY

La jeune Peggy est la fleur de nos jolies filles ;

Elle rougit comme, le matin, L'aul)e couleur de rose, ornant de ses perleç

Le gazon qui pousse :

Ses yeux dépassent en éclat les lueurs rayonnantes

Qui dorent l'ondée passagère , Qui étincellent sur les ruisseaux de cristal,

Et réjouissent chaque fleur rafraîchie.

Ses lèvres sont plus brillantes que les cerises,

Elles ont reçu une teinte plus riche ; Elles charment notre vue émerveillée

Et donnent la tentation d'y poser les nôtres : Son sourire est comme le soir paisible

Quand les couples ailés font l'amour, Et que les petits agneaux, folâtres et sauvages,

S'ébattent en bandes joueuses. '

Si la Fortune était l'ennemie de l'aimable Peggy,

Tant de charme l'adoucirait.

Comme le Printemps fleuri éclaircit le front

Du maussade et farouche Hiver.

L'œil de la médisance ne sait où viser

Pour déprécier ses moyens de plaire; Et l'envie furieuse en vain grince

Ses dents empoisonnées qui voudraient mordre.

vous, puissances de l'Honneur, de l'Amour et de la Vérité,

Préservez-la de tout mal ; Inspirez à cette jeune fille hautement favorisée

Ce que veulent d'elle les destinées ; Entretenez la douce flamme conjugale

Mutuelle dans chaque sein , Et dotez le cher nom paternel

De plus d'une récolte filiale.

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