‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 170 sur 224 · BUR ITNE ENTREVUE AVEC LORD DAER · texte numérisé non relu

BUR ITNE ENTREVUE AVEC LORD DAER

Sachez-le, vous tous que cela concerne , Moi, Robin le rimeur, autrement dit Bums,

Le vingt-trois d'octobre, Jour à jamais mémorable , Je me suis élevé à cette hauteur,

J'ai diné avec un lord.

J'ai été à des orgies d'écrivains;

Bien plus, je me suis diantrement soûlé avec les prêtres de Dieu,

Sauf votre respect ; Je me suis même joint à l'honorable chorus , Quand de puissants squires du banc de justice

Etanchaient leur soif d'hydre.

Mais avec un lord — en avant , ma jambe , Un lord — un pair — un fils de comte.

Encore plus haut, ma toque ; Et un tel lord — long de deux aunes d^Ecosse , Toute la pairie, il vous la regarde de haut en bas,

Gomme moi je regarde mon sonnet.

Mais que n'ai-je la puissance magique de Hogarth, Pour montrer le regard timoré de sir Bardy,

Et quels yeux il ouvrit et comme il balbutia , Quand levant le nez comme s'il était conduit avec une gourmette Et avançant lourdement sur ses jambes de laboureur, [de bote,]

11 fit gémir le plancher du parloir.

Je me retirai à l'écart dans un coin,

Et jetai à la dérobée un regard sur Sa Seigneurie ,

Gomme sur quelque mauvais présage ; Excepté du bon sens et de la gaiatê sociable , Et (ce qui me surprit) de la modestie ,

Je ne remarquai rien d'extraordinaire.

POÉSIES DE BUBNS. Î85

Je cherchais les signes caractéristiques des grands , Le noble orgueil, la fierté seigneuriale,

L'arrogance hautaine ; De l'orgueil , ah bien oui l il n'en avait pas plus , Ni d'impertinence, ni de fierté (autant que je pus voir),

Qu'un honnête laboureur.

J'apprendrai donc de Sa Seigneurie , Dorénavant à aborder indifféremment

Un rang aussi bien qu'un autre ; Nul honnête et digne homme ne doit craindre D'aborder le noble et jeune Daer,

Car il ne fait qu'aborder un frère.

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