‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 173 sur 224 · LAMENTATION DU CHEVALIER · texte numérisé non relu

LAMENTATION DU CHEVALIER

Les petits oiseaux se réjouissent du retour des feuilles vertes ^ Le ruisseau murmurant serpente limpide à travers la vallée ,

Les aubépines fleurissent dans la rosée du matin , Et les primevères éparses çà eft là ornent le pré vert.

Mais quelle chose peut faire plaisir ou peut paraître belle , Quand les heures languissantes sont comptées par le souci ?

Pas de fleur poussant gaiement , pas d'oiseau chantant mélodieu- Qui puissent soulager le triste cœur du lugubre désespoir, [sèment]

POÉSIES DE BURKS. 987

L'action que j'ai tentée pouvaitr-elie mériter leur courroux ?

Replacer un roi et un père sur son trône 1 Il a droit à ces montagnes , et il a droit à ces vallées, [trouver un.]

Où les botes sauvages trouvent un abri , mais où je n'en puis

Mais ce ne sont pas mes spuffirapces, tout misérable et sans ressour-

[ces (|ue je si^is;] Mes braves et vaillants amis , c'est votre ruine que je pleure :

Vous avez si loyalement agi dans la cl^aude et sanglante épreuve, Hélas I ne puis-je mieux vous payer de retour ?

ÉPITHE A R. GRAHAM, ESQ.

Quand la Nature enfenta son grand cheM'owivre ,

Et composa son dernier, son meilleur ouvrage, Ttaie humaine;

L'œil fixé sur tout ce plan compliqué ,

Elle forma de diverses parties l'hoomie si divers.

Elle produit d'abord la foule des hommes utiles , Le grossier et pénible labeur et le mérite sans éclat ; Puis les paysans, les fermiers, ces vrais fils de la terre, Et tous les enfants du commerce prennent naissance : Chaque prudent bourgeois reçoit une chaude existence , Et toute la race des artisans aux nombreux tabliers. Quelques autres espèces plus rares manquent encore, Le plomb et le liège sont nécessaires au filet : Le caput mortuum des désirs grossiers Fait des matériaux pour les simples chevaliers et squires ♦ Le phosphore martial apprend à coûter.

Elle pétrit la lourde pâte philosophique , Puis trace sur la masse inflexible de graves dessins, Lois, physique, politique et profonde théologie ; Enfin, elle sublime l'aurore (tes pôles , Eléments étincelants de l'àme des femmes.

Le système coordonné se présentait bien, La Nature, charmée, le déclara très-bon; Mais, avant de eesser son travail de créateur, Moitié plaisanterie, elle essaya encore un curieux travail. Certaine matière écumeuse, ignée, de feu follet, Telle que le plus léger souffle .d'air pût la disperser; Avec une joie maligne et une gaieté secrète (La Nature peut avoir ses lubies aussi bien que nous, Peut-être voulait-elle montrer son talent à la Hogarth) j Elle forme la chose et la baptise — un poète. Créature qui , bien que souvent la proie du souci et du chagrin )

Heureuse aujourd'hui, ne songe pas à demain;

Un être formé pour amuser ses amis plus graves ,

Admiré et loué — et là finit l'hommage ;

Un mortel entièrement inhabile aux luttes de la Fortune ,

Mais souvent le jouet de tous les maux de la vie ;

Brûlant d'essuyer chaque larme, d'apaiser chaque soupir,

Mais rarement obtenant la moindre attention pour les siens.

Pourtant l'honnête Nature n'est pas tout à fait un Turc, Elle commença par rire, puis elle s'attendrit sur son pauvre ouvrage. Ayant pitié de voir sans appui cette plante grimpante de l'humanité, Elle avisa à lui trouver un arbre en plein vent ; Et, pour soutenir son débile état de chèvrefeuille, Elle l'attacha au généreux vraiment grand, Seul titre que j'invoque Pour étreindre avec force la main secourable du bienfaisant Graham.

Aie pitié de la misérable troupe des muses mélodieuses. Faibles et timides soldats de la mer orageuse de la vie 1 Leurs coeurs ne soit pat d'une matière égoïste, dure, absorbante, Qui ne donne Jamais — <^ique humblement elle prenne assez ; Le peik que la destinée leur accorde , ils le partagent aussitôt , A l'opposé du bienfait sensé, proverbial, et difficilement obtenu de Le monde serait heureux si le bonheur dépendait d'eux, [la sagesse.] Ah I faut-il « que le cœur aimant manque jamais d'ami ! » Que la prudence énumère chacun de ses vigoureux fils , Qui du même pied entrèrent dans la vie et dans la sagesse, Qui raisonnent leurs sentiments et règlent leur bienfaisance (L'instinct est une brute, et le sentiment un fou 1 ) , Qui mettent le pauvre « je ferai » aux ordres de « je devrais » — Nous reconnaissons qu'ils sont prudents, mais qui trouve qu'ils gens sages, retirez-vousl vous blessez l'œil sociable,[soientbons?j Image de Dieu grossièrement gravée sur de bas aloi I Mais venez, vous qui connaissez ce plaisir divin, Cet attribut spécial du ciel — donner l Dont les bras aimants voudraient étreindre la race humaine : Viens, toi qui donnes avec toute la grâce d'un homme de cour, Ami de ma vie, vrai patron de mes vers, Appui de mes plus chères espérances d'avenir 1 Pourquoi mon âme à demi rougissante, à demi effrayée, *

Recule-t-elle, honteuse de demander ton assistance amicale? Je connais mon indigence, je connais ta main libérale. C'est sur ton ordre obligeant que j'implore ton amitié; Mais il en est qui courtisent les neuf mélodieuses — Ciel l mon nom aurait-il ce stigmate I Dont les vers coulent avec une mâle et sublime fierté , Quoique les plus vils reptiles dans leur prose de mendiants. Vois 'comme leur esprit hautain et indépendant Vole sur l'aile méprisante du mépris outragé ! No cherche pas à en trouver les preuves dans leur vie privée j

Quelle pitié que les meilleurs mots ne soient que du vent !

Ainsi le chant aigu de l'alouette monte aux portes du ciel ,

Mais sa chanson finit en rampant sur la terre.

De tous les cris bruyants du besoin affamé,

Ils importunent la bienveillance avec un front éhonté ;

Obligez-les, prenez sous votre patronage leur clinquant rimé,

Ils vous persécuteront tout le reste de vos jours l

Avant que ma pauvre âme se plonge dans une telle damnation ,

Que ma ma n calleuse reprenne la charrue :

Rapiéçons une fois encore ma veste toute bigarrée ;

J'ai déjà vécu avec trente-six sous par semaine.

Quoique , grâce au ciel , je brave même cette dernière extrémité,

J'espère, cependant, que l'objet de ma requête est à ta nomination ;

Que , placée par toi sur la hauteur désirée,

Où l'homme et la nature s'offriront plus beaux à «a vue ,

Ma muse pourra ajuster son aile pour quelque essor plus sublime.

FRAGMENT

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