Les ruines de l'église de Ll»cliiden près <ie Dumfr es
Le ruisseaUj suivant son sentier brun,
Se précipitait près des murs ruinés , Se hâtant de rejoindre le rapide Nith
Dont le lointain rugissement s'enfle et tombe.
Le nord froid et bleu faisait jaillir
Ses lueurs apvec un bruit sifflant et affreux : A travers le ciel elles partent et fuient ,
Pareilles aux faveurs de la fortune , perdues aussitôt que gagnées.
Par hasard et sans y songer je tournai les yeux ,
Et à la clarté de la lune je tressaillis de voir S'élever un graiid fantôme à l'air sévère,
Vôtu> comme ont coutume de l'être les ménestrels.
J'aurais été une statue de pierre
Que son air hardi m'aurait intimidé ; Et sur sa toque était gravé visiblement
Le mot sacré de — Liberté.
Et de sa harpe il tombait des accords tels
Que les morts endormis auraient pu s'éveiller pour les entendre ; Mais, hélas l c'était un récit de douleur.
Si jamais il en fut , pour une oreille bretonne 1
11 chantait avec joie ce premier jour,
Il déplorait avec des larmes les derniers temps de sa vie; Mais ce qu'il disait n'était pas une plaisanterie , —
Je ne me hasarderai pas à le répéter dans mes vers.
ACHLORIS.
vers écrits sur un exemplaire de ses poésie qu'il lui offrait.
C'est un gage d'amitié, ma jeune et belle amie;
Ne refusez pas ce don, Et ne prêtez pas une oreille indocile
A la muse qui moralise.
Puisque , dans toute ta jeunesse et tous tes charmes ,
Tu dois dire adieu au monde ( A un monde constamment armé contre la paix) ,
Pour joindre un petit nombre d'amis;
Puisque, assombrissant le gai matin de ta vie,
La tempête est venue froide et nébuleuse (Et jamais Tinfortune de son vent d'est
N'a brûlé une plus belle fleur) ;
Puisque les gaies scènes de la vie ne doivent plus te charmer,
11 te reste beaucoup encore ; Tu as encore en réserve une plus noble richesse —
Les consolations de l'âme !
A toi la chaleureuse satisfaction de soi-même ,
Le sentiment de son honneur ; Et le don le plus précieux de tous ici-bas,
A toi la cordiale et sincère amitié ;
Les plaisirs raffinés du sens et du goût,
D'errer avec chaque muse :
Et doublement heureux serait le poète,
S'il pouvait ajouter à ces plaisirs.