‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 2 sur 224 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

II était une fois trois rois

 rOrient, puissants tous trois :

Ils avaient juré par la gorge

Qu'ils feraient mourir Jean Grain-d'Orge.

Dans un sillon bien labouré , Tout vivant, ils l'ont enterré j Puis ils ont juré par la gorge Qu'ils avaient tué Jean 6rain*d'0rge.

Mais le printemps revient joyeux , La pluie h Ilots tombe des oieux :

Jean Grain-d'Orge alovs se relève ; C'est bien lui I ce n'est point un rêve l

Les aoleik étouffants d'été Lui rendent vigueur et santé ; Sa tôte de dards se couronne :

Grain-d'Orge ne craint plus personne.

Le grave Automne «uocédant, Grain-d'Orge pâlit cependant ; Son corps se courbe vers la terre , Sa tôte penche ; il dégénère.

Ses couleurs se fanent; hélas l C'est l'Age qui vient à grands pas!

Ses ennemis prennent courage , Ils vont donc assouvir leur rage.

Aiguisant un long coutelas, D'mi seul coup ils l'ont mis à bas , Et lié sur une charrette Comme un faussaire qu'on arrête.

Sur le dos il est renversé ,

Il est bâtonné , fracassé ;

Puis à tous les vents on l'expose,

Tournant, tournant sans nulle pause.

Pauvre Grain-d'Orge i il faut les voir Remplir d'eau froide un grand trou noir, Et, sans nul respect de son âge, L'y jeter — enfonce ou surnage 1

NOTICE SUR BURÎ^S.

Voilà qii ins I El lire Je l t-nu Potir le tortiir(?r de noTïveaii.

Il donDO on<"or si^jn* de vie t On le sei ijue avec furie !

Sur la flninDine alor^ &cb bûnrreaux Brûlent la mcollÉ' dp se* os ; Puis urt meunier en fuit sa pmiu, Entre deux pierres il le broie.

Ils ont pris le sang de son cœur, Us l'ont bu , chantant tous en chosur 1 Et plus ils boivent k la ronde , Plus dans leurs yeux la joie abondé.

Jean Grain-d'Orge avait , il le faut, Un ôang bien généreux, bien chaud; Car, prenez-en la moindre goutte , Son ardéiir en vous passe toute.

L'homme oublie alori àon chagrin , Son bonheur même est plus serein ; La larme aux yeux encor brillante , La veuve entend son coeur ({ui chante.

A Jean Grain-d'Orge une santé l Buvons à sa postérité 1 Qu'elle soit féconde et précoce A jamais dans la vieille Ecosse l

TÀM O'SHANÎER,

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